Reconversion (7) : Un grand Oui à la vie !

Reconversion (7) : Un grand Oui à la vie !

Un grand oui à la vie !

Ce matin-là s’annonçait comme tous les autres matins depuis que j’avais commencé ma formation à La Fabrique à Bonheurs sur Paris : lumineux et empli d’une frénésie de joie à l’idée de la belle aventure qui m’attendait depuis que j’avais quitté l’Education Nationale avec le projet de créer ma structure d’activité libérale…

Je quittai mon studio, loué pour la semaine, et arpentai tranquillement le chemin qui devait me mener jusqu’à la salle de formation… J’avais déjà suivi les six premiers modules sur les dix attendus, et le septième, vers lequel mes pensées se dirigeaient alors, s’annonçait des plus motivants puisqu’il allait me faire découvrir une discipline particulièrement inspirante : la communication non violente…

Comme souvent, je fus la première à arriver sur le lieu de formation, car j’appréciais par dessus tout prendre le temps de savourer mon café tranquillement avant que ne démarre l’effervescence… Lorsque j’ouvris la porte, je ne vis d’abord personne mais un frisson me parcourut sur tout le haut du corps, me signalant l’existence d’une présence que mes yeux ne pouvaient encore percevoir…

Je décidai de m’avancer vers la cloison qui séparait la pièce en deux, et lorsque je jetai mon regard, je vis un grand monsieur, assis sur une chaise, une jambe croisée sur l’autre, en train de consulter des messages sur son portable. Je perçus alors une telle intensité dans cette apparente immobilité, que je me dis à l’instant même que tout mon parcours m’avait en réalité menée jusqu’à lui….

Il était impressionnant de par l’aura que dégageait à la fois sa posture et le regard empli de bienveillance qu’il leva alors sur moi. Intimidée, je tendis la main pour lui dire bonjour, bien loin de me douter, du chemin sur lequel il allait m’accompagner par la suite… Il s’appelait Vincent Houba, et j’ignorais que cette rencontre marquerait à jamais le cours de ma vie…

Ces deux jours passés en sa présence furent réellement bouleversants pour moi qui n’avais jamais ressenti autant d’écoute, d’empathie et de compréhension de la part d’un être totalement inconnu jusqu’alors… Si je devais résumer ce qui se passa au plus profond de mon être, je pourrais affirmer sans complaisance aucune, qu’il y eut un « avant » et un « après » sa rencontre.

Et ce ne fut pas seulement lié au module de Communication relationnelle auquel il nous initia avec tant de grâce… Non… Ce fut bien plus que ça : il ne s’était pas contenté de nous transmettre un savoir…. Il l’incarnait véritablement… et tout en moi se mit à résonner sur une vibration d’une telle puissance, que je compris instinctivement que désormais, quoi qu’il arrive, je ne pourrais que dire un grand «OUI » à la vie ! L’énergie de la joie allait dorénavant m’accompagner, même dans les moments les plus difficiles, et elle ne me quitterait pas…

 

A l’heure qu’il est, le long cheminement sur le fil de mon existence se poursuit et continue à prendre des aspects inattendus. C’est toute la magie de la vie qui semble se présenter à moi au fur et à mesure de mes avancées vers l’incarnation de mon être.

J’ai concrètement lancé mon activité en septembre 2016 bien loin de me douter de la transformation qu’elle subirait tout au long de mon parcours. Je ressens de plus en plus cet alignement dont j’entends souvent parler et dont je n’avais pas vraiment conscience jusqu’alors. Il se manifeste sous la forme d’une énergie de joie qui transcende la notion même de « travail »…

Lumineuse sensation de remplir la mission qui m’a été donnée d’accomplir sur cette terre, mission qui évolue au fil des jours, me rapprochant un peu plus encore de moi-même. Le papillon que je suis se sent prêt à ce jour à déployer complètement ses ailes afin de polliniser le monde de toute cette énergie d’amour qui ne demande qu’à se déverser dans l’univers.

Le plus beau cadeau que la vie me permet de recevoir aujourd’hui est d’accompagner à mon tour tant de personnes à retrouver leur « être » : quel bonheur que d’assister à leur transformation et de les voir repartir emplies de la joie de se sentir comprises, entendues, accueillies… prêtes à poursuivre le cours de leur vie en cheminant de plus en plus vers elles-mêmes.

Je sais que cette mission n’est pas vaine : le monde a bien besoin que rayonne enfin la lumière dans tous les domaines de l’existence… Quoique j’expérimente, quoique je traverse, la vie sait décidément ce qu’elle fait… Je sais que l’univers répond à chaque instant à mes besoins, pourvu que je pose l’intention juste. C’est ce qui fait ma force aujourd’hui et me permet de poursuivre en confiance…

Et malgré toutes les épreuves qui continueront à se mettre inexorablement sur ma route, je continuerai encore et toujours à dire un grand OUI à la vie !

Reconversion (6) : réinvestir l’instant présent…

Reconversion (6) : réinvestir l’instant présent…

Réinvestir l’instant présent…

Dans le précédent article, j’ai dit que la principale peur que la société transmet à l’enfant que nous sommes est celle de se sentir « différent ». Nous grandissons donc en essayant de nous conformer en permanence à ce que l’on a toujours exigé de nous. Et j’avoue que j’ai été comme la plupart d’entre nous : j’ai suivi le mouvement.

Lorsque la maladie est venue frapper à ma porte, une autre forme de peur s’est emparée de moi : la peur de « perdre » ce que j’avais, et en premier ressort ce que je pensais être la vie. Je suis passée successivement par tous les stades : du désespoir à l’angoisse et de l’angoisse au désespoir. Puis j’ai décidé de m’écouter enfin et ma thérapie a débuté.

Peu à peu, en apprenant à décoder la construction de mes fonctionnements, je me suis apaisée et j’ai pu prendre un peu de recul sur la vie en général et la mienne en particulier. C’est là que j’ai développé la plupart des réflexions que j’ai soumises précédemment sur le sens de nos existences dans la société d’aujourd’hui.

Mais c’est une chose de prendre conscience de nos erreurs, c’en est une autre de procéder au changement. Rien n’est plus inconfortable pour un être humain que de se remettre en question : après tout, même si notre vie n’est pas si parfaite, même si nous savons inconsciemment que nous ne vivons pas ce dont nous avons rêvé, notre quotidien nous est tellement familier qu’on le préfère encore à l’idée même d’aller vers l’inconnu. Nous savons ce que nous risquons de perdre, et même si nous vivons un quotidien insatisfait, la peur de l’avenir nous paralyse encore plus.

C’est là que le sens de la maladie intervient. Lorsque j’ai été confrontée à la probabilité d’une mort prochaine, ou du moins plus rapide que prévue, j’ai su que plus rien ne serait comme avant. Après tout, que sont nos peurs ordinaires comparées à celle que je nommerais la « grande » peur : la peur de la mort ? Je suis passée par tous les stades : l’effroi, l’horreur, les angoisses, les pleurs, la plainte… jusqu’à ce que ma démarche personnelle m’amène à comprendre que rien ne justifie tant de mal-être.

Nous avons peur de quelque chose qui n’existe pas encore si ce n’est au sein de notre mental tout-puissant. C’est là que l’expression « vivre au présent » a pris tout son sens. Ma peur se nourrissait des projections mentales que mon esprit ne cessait de tourner en boucles concernant une hypothétique disparition future.

Mais en réalité, n’existe-t-il pas que le présent ? Que puis-je savoir du lendemain puisqu’il n’est pas encore ?

J’ai décidé alors de me recentrer sur moi pour réinvestir complètement l’instant présent, et canaliser mon mental afin de ne pas le laisser devenir maître de mes pensées. La pratique de la méditation m’a beaucoup aidée dans cette phase de recentrage et peu à peu j’ai pu éloigner de mon quotidien l’angoisse suprême qui nous étreint tous face à une pathologie mortifère. Et quand on surmonte ce type d’épreuves, je peux dire que plus rien ne peut nous faire réellement peur dans notre vie. Alors l’heure du changement commence à résonner en nous…

 

 

Il est étonnant de constater qu’à partir du moment où nous acceptons le lâcher prise, notre univers devient lumineux. Nous avons tendance à mener notre vie en s’accrochant à nos modes de fonctionnement telles des moules sur un rocher (oui, le glamour c’est mon truc…). Lorsque nous désirons quelque chose, nous croyons mettre tout en oeuvre pour y arriver, nous nous agitons, nous nous battons, nous franchissons des obstacles, nous pestons, nous recommençons, nous gesticulons…souvent pour un piètre résultat qui, au final, ne nous rend pas forcément plus heureux… Et quand le résultat n’est pas à la hauteur de nos espérances, nous nous disons que décidément nous n’avons pas de chance, nous passons notre temps à nous lamenter ou à jouer les victimes et nous convoitons le bonheur que nous pouvons lire dans le regard d’autrui en nous disant :

« Lui, il en a de la chance ! »

En ce qui me concerne, je ne crois pas à une chance qui tomberait du ciel, comme par magie, simplement parce que nous sommes touchés un jour par la grâce…Pour être heureux, je choisis avant tout de le vouloir. La chance, je commence d’abord par me la donner. Et pour me la donner, je choisis d’apprendre à m’aimer moi-même et à reconnaître mes talents. Des talents, nous en avons tous ! Mais notre environnement social, familial ou professionnel, ne nous a peut-être pas donné l’opportunité de les révéler ou du moins ne nous a t-on pas attribué le mérite de nos réussites.

Lorsque j’ai démarré mon processus de transformation de vie, j’ai commencé par lâcher tous mes modes de fonctionnement habituels et par porter un autre regard sur ma vie : si blocage il y avait, il n’était certainement pas lié à des causes extérieures mais à la façon dont moi je percevais l’existence…

Le monde n’est-il pas simplement le miroir de ce que nous sommes ? Peut-il nous renvoyer autre chose que ce que nous lui demandons ? Nos pensées négatives ne nous conduisent-elles pas à vivre ce dont nous avons le plus peur ? S’il y a bien une chose que j’ai appris aujourd’hui c’est que là où sont mes pensées, je suis…

Dévoreuse de livres, je me suis d’abord tournée vers des ouvrages inspirants : philosophie, psychologie, développement personnel, méditation… tout ce qui pouvait m’amener à mieux me comprendre et à trouver un sens à ma vie. D’ailleurs, je crois qu’à chaque période douloureuse de mon existence, le meilleur des remèdes, c’est dans les livres que je l’ai trouvé…

A ce propos, j’ai démarré ma quête par un petit ouvrage très simple, écrit sous la forme d’un conte, mais dans lequel j’ai commencé à appréhender le cheminement qu’il me faudrait parcourir : « Le chevalier à l’armure rouillée » de Robert Fisher – Ambre Editions. Son message est, je pense, d’une portée universelle, et parle à tout un chacun…

Lorsque j’ai pris la décision de me reconvertir professionnellement, la première question que je me suis posée, avant même de savoir ce que je souhaitais exercer comme activité, c’est : quelles ont été les réussites dans ma vie ? Quels sont les événements dont je tire une certaine fierté ? Quelles épreuves difficiles suis-je parvenue à surmonter ?

En listant tous les succès que j’avais pu enregistrer au cours de mon existence passée, je me suis inscrite dans un cheminement positif qui m’a permis de reprendre confiance en moi. Cette étape dans ma reconversion a consisté à reconnaître mes capacités à réussir, et alimenter ma volonté de mener à bien ce projet. Tout est parti de ce constat ! Il m’a d’abord fallu inscrire ce désir de mobilité dans une démarche positive.

A partir de ce moment-là, j’ai commencé à entrevoir les possibilités qui s’offraient à moi simplement parce que j’ai accepté de me reconnaître un certain nombre de compétences, de savoirs-faire, de savoirs-être qui n’avaient strictement rien à voir avec l’Education Nationale. J’ai lâché la certitude que le chemin sur lequel j’étais était le seul possible, et j’ai accueilli avec joie l’idée que finalement tout m’était permis : le choix ne dépendait que de moi…

Alors bien sûr, cette phase n’a représenté que le début du chemin : mais elle m’a été indispensable pour changer mon regard sur la situation et passer de l’état de victime qui subit et ne voit pas d’issue, à l’état de personne qui choisit de reprendre les rênes de sa vie.
Et je ne croyais pas si bien dire… A force de consulter livres et blogs internet traitant de développement personnel ou de reconversion, je découvris un jour un programme de formation proposé par La Fabrique à Bonheurs, Paris qui me semblait particulièrement inspirant. Il s’agissait d’une formation de Praticien en psychopédagogie positive qui faisait écho à ma recherche et me « parlait » particulièrement, de manière intuitive…

Assez rapidement, je décidai qu’il fallait absolument que je m’y inscrive, avec l’idée de créer ma propre structure d’accompagnement aux élèves en difficultés scolaires… Cela me semblait la suite logique à mon parcours professionnel et répondait complètement à mon besoin d’aider chacun de manière plus personnelle et plus efficace…

Ce que j’ignorais alors, c’est que cela ne représentait en fait que le début d’un long parcours de cheminement vers l’incarnation de mon être…

(A suivre…)

Reconversion (5) : cheminement vers le changement…

Reconversion (5) : cheminement vers le changement…

Comme je l’ai déjà indiqué dans mon précédent article, mon cheminement a démarré par un retour à l’enfance. D’abord parce qu’il m’était nécessaire de lever tous les blocages qui m’enfermaient dans un rôle qui n’était pas le mien, ensuite parce que je désirais revenir à tous les instincts créatifs qui m’animaient alors… Je me sentais un peu comme un oignon à qui on doit enlever les différentes couches afin de retrouver le noyau originel (oui, je sais : la comparaison n’est pas très glamour mais c’est la seule qui m’est venue à l’esprit…).

A cet instant, je tiens à remercier un célèbre professeur d’université, dont les conférences et ouvrages ont déclenché en moi le processus de reconstruction. Il s’agit de Sir Ken Robinson, qui dans son livre L’Elément, nous amène à retrouver la part de créativité qui existe en chacun de nous et que notre éducation s’est bien chargée d’occulter. Ses théories ont influencé positivement ma vision des choses à double titre : d’abord sur le plan personnel, ensuite sur le plan professionnel.

Au niveau personnel, j’ai commencé par essayer de me remémorer quelle petite fille j’avais pu être et quelles étaient mes activités préférées. Au début, les souvenirs tardaient à revenir, mais peu à peu, je me suis souvenue du plaisir que j’éprouvais à pratiquer la danse, la peinture, le dessin, la lecture, l’écriture… bref, tout ce qui faisait qu’à l’instant de pratiquer, j’étais en mesure de tout oublier, absorbée que j’étais par mes passions. Puis je me suis interrogée sur le cheminement qui m’avait conduit à occulter la plupart de ces activités-plaisirs.

 

Et là, j’avoue que l’école en a pris pour son grade : je découvris avec horreur que toute ma scolarité avait consisté à nier ce que j’étais au plus profond de moi. Toutes les choses que j’aimais et pour lesquelles le temps semblait s’arrêter avaient été étouffées par l’injonction première de la société :

 

Faire des études, avoir un « bon » métier, si possible rentrer dans la Fonction Publique afin d’avoir un emploi « sûr » et avoir une « bonne » retraite afin de pouvoir enfin profiter de la vie. 

Edifiant n’est-ce-pas ?

Ce n’est pas tant à l’école primaire qu’à partir du collège que les choses se sont vraiment gâtées : je suis passée d’un enseignement basé sur l’affectif, l’écoute, la bienveillance (du moins c’est ce dont je me souviens…) à une structure éducative dans laquelle subitement, je ne me sentais plus protégée, aimée et considérée pour qui j’étais mais uniquement pour les notes que j’obtenais. Ne parlons pas de la vie collective au sein des établissements : déjà à l’époque, il valait mieux faire preuve d’un fort caractère pour ne pas devenir une victime potentielle…

Bref, je passais mon temps à essayer de répondre à ce qu’on me demandait et j’oubliais complètement ce pourquoi j’aurais eu envie de me lever tous les matins… Et toute ma scolarité, mon cheminement, s’est poursuivie ainsi, sans m’avoir vraiment révélé qui j’étais. Je m’en suis assez bien sortie au cours de mon cheminement, parce que j’avais quelques facilités, mais combien de mes camarades se sont-ils sentis dévalorisés, incompétents et démotivés, simplement parce qu’ils ne réussissaient pas dans les matières dites « fondamentales » ?

En repensant à ce parcours, je me suis aperçue que la première des peurs à laquelle nous sommes tous confrontés est celle « d’être différent ». Dans notre société il n’y a guère de place pour l’originalité, l’anti-conformisme, l’esprit créatif. Personne ne nous propose jamais de devenir nous-mêmes : ce qui nous est demandé c’est de nous « intégrer dans la société ».

 

Mais de quelle société parlons-nous ?

 

Avec du recul, tout notre cheminement tend uniquement à faire fonctionner un système basé sur la valeur de l’argent : consommer toujours plus, afin de faire fonctionner des entreprises qui veulent vendre toujours plus pour entretenir un sytème qui au final ne profite vraiment qu’à quelques uns. Constatez où en est l’état du travail aujourd’hui : sommes-nous reconnus pour notre valeur ? Tout le monde réussit-il à trouver sa place parmi les humains ? Ne nous demandons-nous jamais si nous ne faisons pas tous fausse route dans cette course effrénée vers l’accumulation ?

 

 

Regardez nos enfants aujourd’hui : dès le plus jeune âge, ils subissent la pression de la réussite (mais de quelle réussite parle-t-on ?). S’ils ne sont pas conformes au « moule » scolaire, ils sont déclarés « à problèmes ». S’ils bougent un peu trop en classe ou manifestent leur inadaptation à ce système lourd et contraignant, ils sont mis à l’écart…

Nous demandons-nous un seul instant pourquoi tant d’enfants aujourd’hui semblent relever de cette problématique ? Est-elle vraiment liée à leur être profond, ou n’est-elle pas plutôt la manifestation d’un symptôme d’une société malade de ses valeurs ? Sans parler de la violence à laquelle celle-ci les confronte tous les jours : violence sociale, violence morale, violence physique…

Posons-nous alors la question : que veut-on pour nos enfants ? L’enfance n’est-elle pas ce moment de grâce privilégié dans lequel il nous faut être enveloppé d’amour et de bienveillance ? Un enfant n’a-t-il pas besoin de se sentir rassuré, compris, entendu, aimé, accueilli de façon inconditionnelle pour bien grandir ? N’est-ce pas l’âge de tous les possibles, celui où l’imagination n’a pas de frontière ? Bien sûr qu’un enfant a besoin de limites, et toujours dans le respect de ce qu’il est : il s’agit de l’accompagner pour se construire et non pas pour entretenir une société qui nie la valeur intrinsèque de sa personne.

A partir du moment où je me suis mise à réaliser tout ce que je viens de vous dire, j’ai commencé alors à changer radicalement les rapports avec ma propre fille. Aujourd’hui j’ai arrêté de lui mettre la moindre pression sur l’école tout en l’accompagnant lorsqu’elle en a besoin. Je savoure les échanges que nous avons sur tous les sujets de la vie. Je l’encourage à croire en ses rêves afin qu’elle s’épanouisse avant tout en tant que personne. Peu importe ce qu’elle réalisera dans la vie, son cheminement à elle, pourvu qu’elle aime profondément ce qu’elle fait. C’est ainsi qu’elle sera capable d’être en joie et de faire rayonner le bonheur pour qu’il essaime dans le monde de demain.

 

Je terminerai donc cet article en disant :

Retournons-nous vers notre enfance. Ne craignons pas d’être nous-mêmes. Personne ne peut nous dire comment faire pour être heureux. Cherchons en nous ce qui nous met en joie et nous procure l’envie de nous lever tous les matins. Notre vie ne dépend de personne, nous n’avons pas à la « gagner », elle ne dépend que de nous : alors changeons de paradigme et acceptons qui nous sommes. A partir du moment où nous nous mettrons en chemin, nos peurs se dissiperont et nous nous rendrons compte qu’elles n’étaient dirigées que par notre mental.

A sa naissance, un enfant est en joie, il n’a pas de peur : la peur est l’apanage d’un adulte qui a accepté de se « conformer ».
(A suivre…)

Reconversion (4) : vers mon enfant intérieur…

Reconversion (4) : vers mon enfant intérieur…

La première étape fut de me recentrer sur mon être, mon enfant intérieur : qui étais-je, d’où venaient mes fonctionnements, mes peurs, mes angoisses qui bloquaient continuellement mon épanouissement personnel ? Jusqu’alors, il ne m’avait pas été donné de me poser la question, persuadée que j’étais de suivre la voie que tout un chacun empruntait.

Ne nous serine-t-on pas depuis l’école, qu’il faut travailler pour avoir un « bon » métier, se marier, avoir un ou des enfant(s), s’acheter une maison, consommer le plus possible, le fameux « toujours plus » qui sonne comme une injonction dans nos sociétés occidentales ? Le pire, c’est qu’en tant qu’enseignante, je me trouvais complètement au coeur de ce paradoxe : je perpétuais à travers l’exercice de mon métier le même type de croyance limitante…

Il me fallait donc tout recommencer à zéro et envisager une reconversion, et dans ma vie personnelle, et dans mon parcours professionnel. Le chantier qui s’annonçait était immense mais passionnant. Il fallait d’abord commencer par moi-même et partir en quête de mon enfant intérieur.

Intriguée depuis le départ par le travail entamé avec la somatopathie au début de mon parcours, je décidai de me plonger dans la psychogénéalogie car je sentais depuis longtemps que je portais depuis l’enfance des conflits intérieurs non réglés qui bloquaient mon épanouissement personnel. Je ne vais pas m’attarder sur l’ensemble de mes découvertes : tout ce que je pus apprendre concernant mes antécédents familiaux, les secrets de famille, le(s) enfant(s) sacrifiés et les deuils non faits dans les générations antérieures furent une véritable révélation pour moi et acheva de donner tout son sens à la pathologie que j’avais développée. Je pus me débarrasser de ces « fantômes » qui bloquaient jusqu’alors mes fonctionnements et me libérer de poids considérables liés essentiellement à des « angoisses de mort ».

Ma vie devint peu à peu plus légère et je me surpris à profiter de plus en plus des instants présents. Je réalisai que finalement nous vivons en permanence au passé ou au futur mais jamais au présent. Le passé nous fait éprouver constamment regrets et amertume, le futur nous plonge dans l’anxiété du lendemain et nous passons notre vie à ne quasiment jamais profiter de l’instant présent…

Notre société occidentale est ainsi faite qu’elle a perdu tout contact avec le fondement même de l’humanité qui est de vivre en harmonie avec soi-même. Au final, nous vivons de façon quasi automatique sans jamais prendre le temps de nous interroger sur le sens de nos actes quotidiens. Il m’a fallu la maladie pour comprendre enfin que nous faisions quasiment tous fausse route : ce n’est ni la surconsommation de biens matériels, ni la course permanente à l’argent ou à un métier lucratif qui peuvent nous apporter le bien-être. C’est tout simplement la réalisation de soi et l’accomplissement d’actions en accord avec ce que nous sommes.

Lorsque nous sommes enfants, nous allons spontanément vers nos besoins, nos plaisirs, notre soif de réalisation. Il est incroyable de penser que les tout-petits ont une capacité créatrice infinie et qu’au fur et à mesure qu’ils grandissent, cette capacité se réduit à peau de chagrin. En cause, l’éducation que nous leur donnons empreinte de croyances extrêmement limitantes : « la société est une jungle et pour y faire sa place, il faut être le meilleur. » D’où une course permanente à la « réussite » : scolaire, professionnelle, pécuniaire, familiale et j’en passe… Personne a aucun moment n’intervient pour se poser la question du « sens » à donner à sa vie.

En ce qui me concerne, mon cheminement m’ a amené peu à peu à essayer de retrouver mon « enfant » intérieur : quelle petite fille avais-je été ? Quels étaient mes rêves, mes passions, mes envies ? Au fur et à mesure, des éléments me sont revenus que j’avais oubliés : ma passion pour la lecture, l’écriture, mon rêve de devenir danseuse, mon plaisir dans la pratique du dessin… toutes ces petites choses que j’avais occultées parce qu‘« on ne peut pas en vivre »…

Alors, bien sûr, j’ai entendu certains me dire :
« Tu es bien gentille, mais tu as une situation professionnelle assez confortable par rapport à d’autres, tu peux te permettre de raisonner sur le sens de la vie… Mais d’autres galèrent tous les jours pour trouver de quoi se nourrir et se loger et ils n’ont pas le temps de réfléchir à tout ça… C’est du luxe !!! »

Ce raisonnement est tout à fait légitime : toute la société est construite pour que je raisonne ainsi. Tout le monde est persuadé que le bonheur réside dans une « belle » maison, une « belle » voiture, un « bon » portefeuille, et tout ce qui va avec. Mais je me pose une simple question : Si tout ceci suffisait au bonheur, tous les gens au portefeuille suffisamment rempli seraient alors heureux… Soyons vraiment sincères : est-ce le cas ? Nous savons bien que non. Le bonheur ne réside donc pas là. Par contre, notre malheur y réside parce que depuis toujours nous pensons être un « raté » de la vie si nous ne possédons pas autant de richesse (Tiens ? cette phrase me rappelle-t-elle quelqu’un ?) Et nous passons notre existence à vouloir ressembler à des chimères…

S’il y a une chose dont je suis parfaitement consciente aujourd’hui, c’est que quoi que je fasse, quoi que je réalise, tout peut s’arrêter du jour au lendemain, d’un claquement de doigts, comme ça, clac, rideau ! Même aujourd’hui, à l’heure où je parle, je suis incapable de dire si une longue vie m’attend ou non… Et pour tout avouer : je me contrefiche de le savoir…

J’ai découvert un rapport à la mort que je ne soupçonnais pas et je savoure chaque moment de mon existence auprès de ceux que j’aime en partageant ce que j’ai retrouvé de plus précieux au fond de mon être :

Un amour inconditionnel pour la vie !
(A suivre…)

Reconversion (3) : quand tout s’effondre… « je » demeure…

Reconversion (3) : quand tout s’effondre… « je » demeure…

Il est déstabilisant de penser qu’il faut parfois attendre la survenue d’une maladie grave ou d’un événement douloureux dans notre vie, pour que l’on se décide enfin à vivre notre propre existence et basculer de façon définitive vers un « mieux-être ».

«  J’ai reçu le résultat de vos analyses : c’est bien ce que je craignais, vous avez un cancer du sein. »

Cette phrase, prononcée un 2 janvier avec toute l’empathie dont pouvait faire preuve la radiologue qui se tenait devant moi, me fit à moi, qui venais d’avoir quarante-sept ans, l’effet d’un véritable couperet. Et même si elle tenta de me tenir un discours rassurant, je ne pus m’empêcher de penser à mon ami et collègue, pour qui j’avais été « la petite peste rouge », décédé deux ans auparavant de ce qu’il est d’usage d’appeler « une longue maladie ».

Elle m’expliqua calmement ce qu’il convenait de faire, à savoir prendre rendez-vous avec un cancérologue et malgré toute sa gentillesse et son immense compassion, ses paroles n’eurent pas vraiment l’effet escompté dans mon coeur. Après les remerciements d’usage, je sortis et me dirigeai vers ma voiture. Une multitude de questions se mirent à jaillir dans mon esprit :

Comment annoncer la nouvelle à ma famille ? A ma fille ? Qu’allais-je leur dire ?

Comment allaient-ils réagir ?« Cancer », cette maladie empreinte de tant de connotations négatives, que signifiait-elle à cet instant, si ce n’est la certitude qu’il ne me restait plus grand chose à vivre ?

Comment tout cela était-il possible ?

Non, je n’avais pas envie de partir maintenant : il y avait ma fille surtout ! Il me semblait que tout d’un coup je l’abandonnais et cette pensée m’ était tout bonnement insupportable !
J’ avais une irrésistible envie de pleurer et en même temps il m’ était impossible de craquer devant elle : elle ne pourrait soutenir ni la tristesse, ni la détresse qu’elle lirait dans mes yeux… Je rassemblai mes esprits et concentrai mes idées sur tout ce que la radiologue venait de me dire de positif concernant cette maladie : « Il n’est pas virulent… » « cela se soigne bien… »… Peu à peu, je repris mon calme et démarrai la voiture.

La chose la plus difficile fut d’annoncer cette nouvelle à ma famille tout en essayant de conserver un air détaché. J’y parvins tant bien que mal, même si au fond de moi, je sentais mon coeur et mes tripes prêts à imploser… C’est quand je dus l’avouer à mon frère que les choses ne se déroulèrent pas tout à fait comme prévu…

Il pratiquait depuis quelques temps et avec beaucoup de succès la profession de «somatopathe», une thérapie manuelle dont la finalité est le décodage des symptômes pour revenir à l’origine d’une maladie. Il ne se laissa pas impressionner par mon air détaché genre « je me fais vite soigner puis je reprends immédiatement le travail… » : il m’invita fermement à prendre le temps d’écouter ce que mon corps était en train de me dire, d’arrêter le travail et de prendre soin de moi.

« Ton corps est en train de te dire quelque chose. Si tu ne l’écoutes pas, il reparlera un jour ou l’autre mais cette fois, on te sortira les pieds devant ! »

Il savait pertinemment qu’il fallait me tenir ce genre de discours pour m’amener à réagir. C’est incroyable la faculté mentale que nous avons de ne SURTOUT pas nous écouter afin de continuer à répondre aux injonctions de la société qui nous ordonne de ne jamais flancher… Je suis sûre que beaucoup de personnes se reconnaissent dans ce discours. Et effectivement, ces paroles me firent l’effet d’un électrochoc.

Je compris à l’instant même qu’il me fallait m’occuper de moi.

Je pris immédiatement rendez-vous avec mon médecin afin qu’il me prescrive un arrêt de travail (avec ce genre de maladie vous n’avez guère de scrupules à vous faire arrêter…) et le parcours d’examens médicaux lourds et contraignants que tout malade du cancer connaît se mit en route : chirurgien, prises de sang, IRM… sans trop savoir où tout cela allait me mener (et à vrai dire, je ne cherchais pas trop à savoir non plus au début de ce chemin…).

Très vite, les résultats médicaux confirmèrent le diagnostic et le chirurgien programma une mastectomie totale de mon sein droit ainsi qu’un curage axillaire (pour ceux qui ne connaissent pas : il s’agit d’enlever tous les ganglions lymphatiques situés dans l’aisselle). Cette intervention fut programmée pour le 27 janvier et me laissait donc du temps pour commencer un nécessaire travail de compréhension concernant ce qui venait de m’être annoncé.

Car au-delà de la maladie proprement dite, je reçus tout à coup un immense besoin de comprendre quel était le « message » que mon corps était en train de m’envoyer. Je ne savais pas pourquoi, mais je pressentais qu’au delà de la pathologie, il y avait quelque chose à entendre… Mon parcours m’amena donc à aller explorer mon être en démarrant par mon histoire familiale…

Les découvertes que je fis me permirent de comprendre que nous transportons tous des valises depuis notre conception, valises que nous nous chargeons de porter par fidélité inconsciente, et qui ne nous appartiennent pas. Quand ces valises sont trop lourdes et qu’elles entravent la bonne marche de notre existence, alors un symptôme peut se développer.

Malheureusement, la plupart du temps nous ne l’entendons pas, car nous n’avons pas été éduqués depuis le plus jeune âge à nous écouter et à repérer les signes qui se manifestent au cours de notre vie. En ce qui me concerne, cette prise de conscience m’amena à complètement accepter l’opération par laquelle il me fallait passer et paradoxalement, je ne ressentis aucune souffrance ni physique, ni morale.

L’aventure fut pourtant loin d’être terminée… J’eus l’envie de continuer à explorer tous les blocages qui pouvaient m’empêcher d’avancer, convaincue que le sens de la vie était finalement ailleurs, et que la suite de mon existence allait maintenant dépendre avant tout de mon bien-être intérieur.

Mais c’est une chose d’en prendre conscience, c’en est une autre de parvenir à l’intégrer dans son fonctionnement…
(A suivre…)