Devoirs écrits : 7 raisons pour ne pas en donner à l’école…

Les devoirs à la maison

Si vous vous êtes souvent arrachés les cheveux le soir, de préférence entre l’heure du goûter et celle du dîner parce que votre loulou adoré ne parvenait pas à s’en sortir avec ses devoirs écrits, alors cet article est fait pour vous…

Au cours de ma carrière d’enseignante en école élémentaire, combien de parents n’ai-je pas entendu me dire :

« Vous ne donnez pas de devoirs écrits le soir ? Merci infiniment : c’est l’enfer à la maison ! Ca se termine toujours en crise, en pleurs ou en conflits… »

Personnellement, je n’ai jamais donné de devoirs écrits à faire à la maison, pour 7 bonnes raisons :

  • Les devoirs écrits en école primaire sont avant tout interdits par un arrêté depuis le 23 novembre 1956 (Bulletin Officiel de l’Education Nationale),
  • Un certain nombre de parents n’ont pas la disponibilité ou même la compétence nécessaire pour accompagner leur enfant de façon optimale,
  • Beaucoup d’enfants pratiquent une activité hors temps scolaire (et c’est très bien) qui s’ajoute à un emploi du temps déjà conséquent à l’école,
  • Les apprentissages scolaires s’effectuent avant tout dans la classe et nécessitent la présence de l’enseignant en cas de difficultés,
  • Le temps des devoirs ne doit pas être un moment où l’enseignant termine ce qu’il n’a pas eu le temps de faire en classe : la semaine scolaire est suffisamment lourde en France pour qu’on évite d’en rajouter aux élèves,
  • L’argument qui consiste à justifier les devoirs écrits « pour que les parents sachent ce qui est fait en classe » ne tient pas : les cahiers, classeurs ou tout autre support peuvent être régulièrement emmenés par les enfants à la maison afin de les montrer à leurs parents.
  • Enfin, le prétexte de la « préparation au travail du collège » est là encore insidieux : l’école n’est pas un lieu à mon sens où l’on doit « s’adapter aux méthodes du collège », ce serait même plutôt l’inverse… Le collège ferait mieux de s’inscrire dans la continuité de l’école élémentaire, car il reste le niveau dans lequel les difficultés de certains élèves sont particulièrement exacerbées.

Le collège, justement, parlons-en… Jusqu’au CM2, la plupart de nos petits élèves, baignent dans un univers plutôt bienveillant, avec un maître ou une maîtresse qui connaît bien dans l’ensemble leurs problématiques et leurs modes de fonctionnement et qui entretient un véritable lien affectif avec eux.

Quand ils entrent au collège, voilà qu’ils se retrouvent avec une multitude de professeurs différents, un emploi du temps digne d’un cadre supérieur et des exigences de travail auxquelles certains adultes seraient bien en peine de répondre…

Et malheureusement pour nos collégiens, ils se retrouvent très vite submergés par une somme importante de travaux à réaliser à la maison, sans qu’ils n’en comprennent toujours bien le sens ni ne sachent vraiment comment s’organiser.

Ne parlons pas des leçons conséquentes qu’ils se doivent d’ingurgiter : malgré toute la bonne volonté de maman ou papa pour les leur faire mémoriser, il arrive très souvent que dans ces moments-là, l’ambiance familiale se transforme en pugilat…

Une seule question me vient alors à l’esprit :

A l’heure où l’on ne cesse de parler de la lourdeur de la semaine scolaire, comment se fait-il qu’elle ne soit manifestement pas assez conséquente pour que puisse s’effectuer l’intégralité des apprentissages scolaires au sein de la classe ?

Leave a Comment

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *