Ecole : témoignages de rentrée…

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Dans mon précédent article sur la rentrée scolaire, je vous demandais comment s’était passée la rentrée à l’école pour vos enfants…
Voici vos premiers témoignages…. Et le moins qu’on puisse dire, c’est que vous avez des choses à dire… Merci à tous ceux et celles qui ont bien voulu répondre… Et n’hésitez pas à votre tour à nous faire part de vos impressions…

E…, maman de J… entré au CP :

« Alors, rentrée en CP pour mon fils… Et pour l’instant, ça ne sent pas l’enthousiasme délirant… Entre le peu de récré (dont il se plaint clairement) et les devoirs…. Si, si, ça commence fort ! Devoirs = récitation. Au deuxième jour d’école, il a refusé de réciter à la maîtresse les lignes qu’il avait apprises….

« Je vois pas pourquoi je devrais réciter. Je sais très bien que j’ai appris ma poésie. C’est pas la peine de la redire en classe »…

Après observation pour comprendre ce qui se joue, je perçois que mon fils a tout simplement peur de ne pas réussir. ENORME manque de confiance en lui. Ca commence bien…

Donc, avant que la situation ne dégénère, nous avons recadré psychologiquement (éducation bienveillante à la rescousse). Dans les grandes lignes, ça donne :

« Si tu fais mieux que les autres, on ne t’aimera pas plus. Si tu fais moins bien que les autres, on ne t’aimera pas moins. Par contre, on ne te laissera pas ne pas essayer de t’améliorer. Parce que c’est de loin le plus important : essayer, pratiquer et donc progresser. Même un peu. Mais le plus important, c’est de faire cet effort-là. »

Ensuite, nous nous sommes attelés à la dite poésie (qu’il fallait finir d’apprendre pour le lendemain). Mon fils étant très visuel et trouvant sa motivation dans l’humour, nous avons fait appel au bon vieux Mind Mapping pour fixer les choses positivement, ludiquement, visuellement et surtout durablement.

La poésie est devenue une série de dessins en guise d’aide mnémotechnique et ce fut réglé avec le sourire. OUF !

Pour finir, je lui ai demandé : « Est-ce que tu penses que ta mémoire fonctionne ? »

« Oui, je pense qu’elle fonctionne bien »…exactement! Il faut juste que tu l’aides en lui donnant ce dont elle a besoin pour fonctionner et après c’est super fastoche ! Renforcement positif, et impression d’un fiston plus apaisé en cette fin de week-end après 48H TENDUES!!!! »

C…., maman de A…., entrée en 3ème

« Ce matin, j’ai enfin rencontré l’AVS d’A… qui m’a l’air bienveillante mais guère plus dégourdie que la précédente : sans que je lui demande moi-même ce rendez-vous, je ne sais pas quand je l’aurais rencontrée. On peut se demander comment elle travaille consciencieusement pour s’adapter aux troubles d’A… Restons positifs !

Il y avait aussi le prof principal, professeur d’histoire-géographie, que j’avais rencontré l’an passé. Il m’a dit : « Je vous écoute. »

« Euuuuuhhhh ! Comment dire ? C’est peut-être à vous de me dire quelque chose. »

L’an passé, il m’avait assuré avoir suivi une formation « Dys » mais qu’il ne mettrait pas en place d’allègements pour éviter les inégalités. Pour lui, les aménagements sont à mesurer avec précaution (A…. étant trop passive si elle ne prenait pas ses notes sous la dictée…)

Cette année, quand je lui ai expliqué les multi troubles DYS de ma fille, il m’a dit ne pas trouver qu’A… était « un cas », que ce n’était pas elle qui lui posait problème.

Depuis quand l’enseignement remplace l’éducation et se résume à être acteur de sa discipline ? Je suis naïve…

Il a rajouté, que  de toute manière, dans ce collège aux faibles résultats scolaires, les enseignants étaient obligés de s’adapter et que ma fille avait la chance d’avoir des parents qui avaient su diagnostiquer son handicap.

Je suis restée zen et je lui ai dit que pour le bien de tous, il était indispensable de collaborer, de conjuguer et de garder en tête  nos priorités. Lui : faire ses cours, les préparer avec quelques adaptations, interroger et évaluer ses élèves avec plus d’aisance (son boulot somme toute), moi à la maison avec ma fille comme tous les autres parents (c’est un métier !), et A… qui irait à l’école avec plus de légèreté au bas mot.

Je ne suis ni déçue n’ai rassurée, cela fait belle lurette que j’ai compris que le système est à côté de la plaque pour les enfants qui sortent du cadre et que son collège est hors cadre. Mais je refuse de l’inscrire au CNED ou de lui enseigner moi-même à la maison.

Ce qui m’a le plus énervée, je crois, c’est qu’il a mélangé les milieux sociaux et/ou éducatifs et qu’il m’a dit que ma fille avait de la chance, d’avoir des parents qui la suivent  et sous-entendu peuvent payer.

Sans amertume, je lui ai rappelé que quand les autres enfants vont au foot, à la Zumba, ou vaquent à leurs occupations, les nôtres sont chez l’orthophoniste, l’orthoptiste, le psy pédiatre, le neuro pédiatre, le Psychomotricien, l’art thérapeute, le psy, l’ergothérapeute….

Alors,  je ne VEUX pas entendre les leçons de loyauté, égalité, équité….
Pas pareil ne veut pas dire moins bien ou mieux, quand on veut.  

Donc je laisse ma fille là-bas en étant super vigilante sur ses bases fondamentales, et en la surveillant de près, comme je l’aurais fait ailleurs, et c’est une chance pour elle, effectivement de rencontrer tous milieux sociaux et religieux confondus, c’est ça la richesse humaine. »

F…. maman de C… entrée en 2nde :

« J’ai toujours eu une fille qui aimait l’école et qui n’a jamais rencontré de problèmes particuliers durant sa scolarité. C’est une très bonne élève qui obtient les félicitations à chacun de ses bulletins trimestriels. Mais quel courage il me faut pour essayer de tenir sa motivation depuis toutes ces années ! Le système scolaire arrive même à démotiver ceux qui au départ n’ont eu aucun souci. Déjà au collège, je peux compter les enseignants qu’elle a appréciés réellement, mais alors au lycée, ça a déjà commencé avec :

« Il n’y en a pas un seul de sympa…. On fait que gratter du papier à longueur de journée… »

Voilà les retours à la maison et le pire, c’est que je ne suis même pas étonnée ! Sans compter les heures de l’accompagnement personnalisé qui n’a de personnalisé que le nom puisque tout le monde est obligé d’y aller, soit 35 élèves : pouvez-vous me dire à quoi ça sert de leur rajouter 2 heures dans l’emploi du temps pour rien ? »

E… papa d’A… entrée en Terminale :

« La rentrée s’est bien passée mais elle a déjà commencé par se mettre la pression pour le bac à la fin de l’année. Elle râle parce qu’il y a des profs qu’elle ne peut pas supporter : et quand elle ne les aime pas, elle n’a aucune envie de travailler… Donc j’essaie de lui expliquer qu’elle doit travailler pour elle et pas pour les profs… Mais c’est dur… »

E…. maman de L…, entrée en PS de maternelle

« Alors voilà ma petite de trois ans est entrée en maternelle. Le premier mot qui me vient à l’esprit c’est impersonnel. On sent que les profs font des efforts mais l’école demeure un sanctuaire dont les parents ne sont que les invités.

Voilà tout semblait très bien commencer : le jeudi et le vendredi de la rentrée, les parents que nous sommes étions conviés à rester à l’école avec nos enfants : 45 minutes d’immersion en classe avec notre fille qui testa le matériel pédagogique et les jouets.

Bon, pas d’échange avec les parents et pas de consignes sur ce que ne faisions là mais cela a eu le mérite de nous rassurer sur l’évolution de notre fille dans ce nouvel environnement. Pour les informations, il fallait aller lire les poly accrochés à la fenêtre.

Et puis le lundi arriva, c’était le grand bain : une journée complète d’école et là, on n’était plus dans l’accompagnement et la bienveillance mais plutôt dans la séparation. Les rideaux étaient fermés pour que nous ne voyions pas les enfants dans la classe et un banc avait était placé à l’entrée de la classe pour éviter l’évasion d’un petit écolier.

Les parents faisaient donc la queue pour déposer leurs enfants, la maîtresse à la porte pour que le moment dure le moins longtemps possible. Depuis le climat impersonnel de l’école demeure, je ne sais pas ce que fait ma fille en classe et seul un bonjour est échangé avec la maîtresse.

J’ai bien conscience qu’elle est une super héroïne puisqu’elle a la lourde tâche de gérer 30 enfants de 3 ans toute la journée et que cela doit être épuisant et explique sans doute cela. Mais à mon sens, ça manque d’échange. L’échange permettrait peut-être plus de confiance, moins de défiance. L. est encore un peu perdue dans l’emploi du temps et un peu nostalgique de l’ambiance du jardin d’enfants à la crèche. Elle ne veut pas trop en parler mais demande tous les jours quand elle va faire une pause… »

Et vous les enseignants ? Comment s’est passée votre rentrée ? 

2 commentaires

  1. Bonjour Catherine,

    La rentrée a un goût doux amer…

    J’ai commencé avec enthousiasme la formation à la Fabrique, ça c’est très, très positif!! Ma chef d’établissement adhère au projet et mes élèves profitent déjà d’un week-end parisien bien chargé. Ils sont très réceptifs!

    Et puis… les réunions formelles, les injonctions d’assister à une flopée d’instances… pressions de collègues lourdingues qui veulent en tant que nouvelle que je sois au CA, s’ils me laissent cette année, il faut que je promette l’année suivante d’y siéger. « NON! » Insistance encore. « L’année prochaine je ne serai certainement plus là!! » Mon ton est ferme, ça sort tout seul.

    Pouvez-vous accompagner à une sortie sur votre temps libre? Vous n’êtes pas obligée mais…
    Temps libre? Cette notion me paraît soudainement très floue… Temps plein, nouvel établissement, nouveaux élèves, nouvelle réforme, nouveau logiciel de suivi des élèves, formation sur le temps libre… Et mes enfants que je vois à peine… Plus de sport, pas le temps, des loisirs? Ben non, non plus. Voir ou même appeler les copines, pas le temps… Date? Le 24 septembre… Passer une année comme ça? Dans la course?

    Réunion école-collège, sur apprendre à apprendre… Une charge supplémentaire de travail pour les enseignants, pas d’effervescence créée par l’EN. On est tellement loin du bouillonnement de la Fabrique! Pas de clef, ici, que des directives, des injonctions… de la lourdeur qui me plombe des épaules aux pieds.

    Et pourtant ce bonheur palpable dans les classes, loin des codes imposés. L’envie de raccrocher chacun au plaisir d’apprendre. Des idées plein la tête et la conscience que mon travail et mon entrain font germer des graines qui ne demandent qu’à se développer!

    Je me refuse à créer une pression, pour moi, mes élèves ou leurs parents à finir le « programme » et pourtant partout rôde cette pression sournoise. Il est difficile d’y résister et je suis consciente que c’est anormal. Prendre du recul, respirer et penser à la suite…

    Magali

    1. Bonjour Magali et merci pour ton témoignage si empreint de sincérité…. Tu as entamé un chemin vers toi-même et bravo pour ton courage… Je te souhaite plein de bonheur dans ta nouvelle activité… 🙂

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