Rentrée des classes : restons zen…



Au cas où vous ne le sauriez pas encore, C’EST LA RENTREE !!!! Si, si… Et même s’il vous est venu des velléités de l’oublier, rien n’y a fait : vous n’avez pas pu y échapper… Véritable marronnier journalistique chaque année, la rentrée est partout depuis longtemps : dans les rayons de supermarché, dans les boutiques, dans les prospectus publicitaires, dans vos magazines préférés… Et alors que vous sirotiez encore la semaine dernière votre mojito, confortablement assis sur le transat de votre paillote favorite, une petite voix sournoise vous murmurait déjà à l’oreille que les vacances allaient bientôt se terminer.

transat

Cela engendre pour beaucoup d’enfants, de parents, d’enseignants un état de stress latent, proche de celui que devait éprouver un gladiateur avant de pénétrer dans l’arène, ou un homme préhistorique craignant de rencontrer un tigre à dents de sabre… (mais non, je n’exagère pas…)

gladiateur

Pourtant, que pourrait-il y avoir de plus grisant que le bonheur de savoir nos têtes blondes heureuses et épanouies à l’idée d’aller « apprendre » ? Il me semble que pour certains enfants, aujourd’hui, on est bien loin de ce tableau idyllique… Maux de ventre, problèmes de sommeil, anxiété… autant de symptômes que certains développent bien avant le jour J. C’est à se demander comment l’école a pu en arriver là…

En réalité, « réussir » à l’école semble aujourd’hui devenu un tel enjeu, que beaucoup l’associent à « réussir » sa vie. Comme si hors de l’école, il n’y avait pas d’apprentissage… Or, les enfants ne nous ont pas attendus, nous adultes, pour apprendre… L’exploration du monde est même un processus on ne peut plus naturel chez chacun… Mais l’école semble l’avoir tout simplement oublié…Et nous avec…

J’ai reçu l’autre jour, à mon cabinet, une jeune adolescente de 17 ans, venue consulter pour une problématique de confiance en soi : elle travaille énormément, est sérieuse, fait tout ce qu’on lui dit consciencieusement au lycée, mais ses résultats scolaires ne sont pas à la hauteur de toute l’énergie qu’elle déploie pour y arriver. Au fil de l’accompagnement, je lui ai parlé des différentes formes d’intelligence et de la théorie d’Howard Gardner sur la multiplicité des intelligence existantes.

Ce fut une révélation pour elle !

L’école favorise en effet, majoritairement, les intelligences logico-mathématique et verbo-linguistique. Or, elle-même avait développé de façon très poussé une intelligence musicale et une intelligence spatiale sans que personne ne se rende compte des possibilités d’apprentissage que cela pouvait engendrer. Elle comprit alors que ce n’était pas ses capacités qui étaient en cause, mais tout simplement ses stratégies pour apprendreRegain de confiance, sérénité retrouvée et accompagnement à la découverte d’outils efficaces pour elle-même…

Même quand stress et découragement s’installent, dites-vous bien que rien n’est jamais perdu et que des solutions existent pour retrouver plaisir d’apprendre et confiance en soi…Et ce, quel que soit son âge…

Alors, restons zen ! 

zen

Je vous souhaite à tous une merveilleuse rentrée ! Et n’hésitez pas à me raconter comment elle s’est passée…. A très vite !

Orientation : quand je serai grande, je ne serai pas Blanche-Neige !

orientation



J’ai toujours détesté les étiquettes. Depuis que je suis petite, j’ai une fâcheuse tendance à vouloir faire tout le contraire de ce qu’on attend de moi, et à fuir tout ce qui ressemble de près ou de loin au conformisme ambiant. Je ne sais pas d’où ça me vient : je suis née comme ça… Et pour mes choix d’orientation, je n’ai pas dérogé à la règle…

En fait, ce qui me rebute par-dessus tout, c’est la notion même d’enfermement, que ce soit du point de vue physique ou moral. Et, il faut bien l’avouer, notre société a le don de vouloir coller des étiquettes sur le front des gens, dès leur plus jeune âge, surtout en matière d’orientation

« Qu’est-ce que tu veux faire quand tu seras grand(e) ? »

J’avoue que j’ai encore du mal à pouvoir répondre à cette question. Quand j’étais petite, je me souviens que je ne ressemblais pas vraiment à toutes les petites filles qui veulent des robes de fée ou de princesse pour leur cadeau de Noël : moi, je voulais des panoplies de Zorro ou de cow-boy, je trouvais ça quand même beaucoup plus amusant…

D’ailleurs, je n’ai jamais aimé Blanche-Neige : elle ne me faisait pas rêver cette pseudo princesse qui se laissait maltraiter par une belle-mère acariâtre et qui n’était pas capable de faire autre chose de sa vie que le ménage pour des nains…

Passé l’instant où j’ai voulu être maîtresse d’école ou grand reporter, en fait, je crois bien que je n’ai jamais su répondre à une telle question et depuis peu de temps, je réalise que cela a guidé une bonne partie de ma vie…

Notre société est ainsi faite, qu’on dirait qu’il vous faut absolument savoir ce que vous voulez faire comme métier dès le plus jeune âge, alors que vous ne savez même pas en quoi n’importe quel métier consiste, et que vous ne vous projetez pas du tout dans la même activité pendant toute une carrière.

Moi, je n’étais passionnée par rien parce que je m’intéressais à plein de choses et que je ne comprenais pas pourquoi on me demandait de choisir : A ou S ? Tu aimes les maths ou le Français ? Tu préfères les matières scientifiques ou les disciplines artistiques ? Tu préfères apprendre l’espagnol ou l’italien ? Tu parles d’une orientation !

Je me suis donc orientée à l’époque vers la filière A1, qui me permettait de faire à la fois de la littérature et des mathématiques, et je n’ai choisi ni Espagnol, ni Italien… j’ai pris Russe !

Passé le bac, j’ai choisi de suivre un BTS Assistante de Direction, car à 18 ans, je voulais travailler et gagner ma vie. Il n’était donc pas question pour moi de faire des études longues ! J’ai appris plein de choses à travers ce parcours… Et surtout que je ne voulais pas aller travailler tout de suite, car j’ai très vite compris que mon dos ne supporterait pas longtemps le poids d’un supérieur hiérarchique…

Je me suis donc inscrite en Lettres Modernes à l’université et j’avoue que je me suis passionnée pour la littérature française sans même me demander ce que j’allais en faire par la suite… D’ailleurs, je pense que si ça avait été possible, j’aurais été étudiante à vie

Mais arrivée au bout de ma maîtrise, il m’a bien fallu faire un choix : recherche ou diplôme professionnel ? Je ne voulais surtout pas être prof : mon père l’avait été toute sa vie et il était hors de question que je suive ses traces… Je suis donc partie au CNAM à Paris pour suivre un Diplôme d’Ingénieur Documentaliste avec l’idée de découvrir encore une autre voie possible.

Je me suis régalée. Mais là encore, il m’a fallu me battre le jour où, en recherche de stage, j’ai voulu postuler pour une entreprise à dominante scientifique, alors que moi j’avais un parcours littéraire ! Je me sentais néanmoins capable de faire bien d’autres choses que ce à quoi les autres me limitaient… Et je le leur ai prouvé !

Non seulement j’ai brillamment obtenu mon diplôme après un stage des plus réussis, mais j’ai trouvé mon premier emploi au sein d’un service d’orientation et d’insertion professionnelle : j’ai alors découvert le plaisir d’accompagner des étudiants dans leur parcours d’études…

Quelques années plus tard, je me suis pourtant décidée à passer le concours de Professeur des Ecoles, car la vie de bureau ne semblait pas vraiment faite pour moi : j’avais envie d’échapper à la routine quotidienne et d’exercer une activité qui me permettrait d’exprimer ma créativité.

En tout, je serai restée 25 ans au sein de l’Education Nationale en changeant d’établissement à peu près tous les 2 ou 3 ans, histoire là encore de ne pas s’enfermer dans un même niveau de classe ou une routine démotivante

Et voilà qu’aujourd’hui, je me lance à nouveau sur un autre projet après avoir démissionné et créé ma propre structure : j’avoue que j’en ai dérouté plus d’un ! Et plus d’un a voulu me dissuader de changer mon parcours professionnel :

« Tu es folle ? Tu vas pas lâcher la fonction publique ! »
« Avec la sécurité de l’emploi que tu as, tu ne vas pas prendre le risque d’être au chômage ! »
« Et si ça marche pas ? Qu’est-ce que tu vas faire ? »
Alors moi je vais vous le dire ce que je ferai…
Je vais faire comme j’ai toujours fait :
Faire ce dont j’ai envie au moment où j’en ai envie, montrer aux autres que je suis capable de plein de choses et que c’est la société elle-même qui nous limite… Voilà mon orientation !

Tout est possible pour quelqu’un qui n’a pas forcément trouvé une seule voie de prédilection ! Et si demain, il me faut encore prendre un autre chemin, pas de problème : je m’adapte !

Telle est ma force, tel est mon super pouvoir !

Atelier Parent / Enfant : Apprendre à apprendre avec le Mind Mapping

mind mapping




Parce que le Mind Mapping est un outil puissant et efficace pour accompagner les apprentissages, j’organise sur Avignon des ateliers collectifs Parent / Enfant ou à destination des enseignants.

Vous êtes un groupe de 6 à 14 personnes et vous souhaitez organiser un atelier à une date et un lieu qui vous conviennent ? Contactez-moi au 06 80 96 79 74.

Dores et déjà, préparez la rentrée de vos enfants en partageant avec eux un atelier découverte du mind mapping et redonnez-leur le goût d’apprendre avec plaisir ! Les devoirs du soir n’en seront que plus sereins… 🙂

Le prochain atelier Parent / Enfant se déroulera le

samedi 27 août 2016 de 9 h 30 à 12 h 30

Dépêchez-vous de vous inscrire, il n’y a que 14 places !

Inscrivez-vous en cliquant sur ce lien.

Objectif Collège : séance découverte

college



Bonjour,

J’espère que vous allez bien, prêts à démarrer vos vacances (si elles ne le sont déjà…) dans les meilleures conditions.

En ce qui me concerne, elles vont démarrer au mois d’août et me permettre de recharger les batteries avant le rush de la rentrée.

En attendant, je vous ai concocté un tout nouveau programme d’accompagnement, afin d’aider les parents inquiets qui ont à coeur de contribuer véritablement à la réussite de leur jeune adolescent, à transmettre confiance et plaisir d’apprendre lors de leur entrée au collège.

Vous souhaitez vous investir pleinement dans la scolarité de votre enfant et lui donner des outils efficaces pour apprendre à organiser son travail et développer la confiance en ses capacités ?

Je vous propose une séance découverte gratuite afin d’entendre vos inquiétudes, et voir de quelle façon je peux vous aider à retrouver une relation apaisée avec la scolarité de votre adolescent.

Lors de ce rendez-vous de 30 minutes par Skype, nous ferons le point sur votre situation, vos priorités, les obstacles que vous rencontrez et si je suis la personne adéquate pour vous venir en aide.

Afin de bénéficier de cette séance découverte, contactez-moi au 06 80 96 79 74 ou bien par mail : laboitealetre@gmail.com et convenons d’un rendez-vous.

Si vous connaissez des personnes susceptibles d’entretenir ce type d’inquiétudes vis-à-vis de leur enfant quant à son entrée au collège, n’hésitez pas à leur transmettre mes coordonnées.

Tél : 06 80 96 79 74

Merci Aide aux Profs

merci



Mercredi 15 juin 2016 avait lieu le dernier colloque organisé par l’association Aide aux Profs, et j’ai eu l’honneur d’y intervenir afin de livrer mon témoignage en tant qu’ex-enseignante reconvertie. Je tenais à remercier tout d’abord Rémi Boyer, sans qui cette association n’existerait pas et qui a permis à des centaines d’enseignants de réaliser leur mobilité professionnelle grâce à un accompagnement de grande qualité.

Au-delà de l’activité de cette association qui, de par son existence même, met en exergue toutes les carences de l’Education Nationale quant à la gestion de ses ressources humaines, je voudrais rendre hommage à une magnifique aventure humaine.

Lorsque j’ai connu Aide aux profs, j’étais moi-même en pleine interrogation quant à la suite à donner à ma vie professionnelle. Dès le premier contact, j’ai été séduite par la grande qualité d’écoute et de bienveillance dont on faisait preuve à mon égard.

  • Enfin, quelqu’un qui comprenait mon désir de reconversion, sans essayer de me persuader que toute vie était impossible après l’Education Nationale.
  • Enfin quelqu’un qui savait entendre ma demande, sans jugement, et qui me proposait de véritables solutions d’accompagnement pour la suite de ma carrière.
  • Enfin quelqu’un qui m’accueillait au sein de son organisation, avec l’idée de m’apporter des solutions concrètes et efficaces.
  • Enfin quelqu’un qui me faisait découvrir que beaucoup d’enseignants étaient passés par des parcours similaires et n’en avaient retiré que du positif.

Il y a un an, j’ai eu l’opportunité d’assister, en tant que spectatrice, au colloque organisé sur la création d’entreprise. Quelle ne fut pas ma surprise de découvrir tant de personnes à l’esprit positif venues témoigner et raconter combien elles s’étaient épanouies professionnellement en s’affranchissant d’un système devenu pour elles un véritable carcan.

C’est parce que je me suis reconnue dans tous ces témoignages, que j’ai eu l’énergie de franchir à mon tour le pas de la démission. Et plus qu’une autre vie professionnelle, je me suis aussi trouvée moi, en ayant le bonheur de croiser des êtres lumineux et inspirants. A tous, je voudrais dire merci aujourd’hui.

Cette année, quelle ne fut pas ma fierté d’avoir pu à mon tour rendre ce qui m’avait été donné, en permettant à tous ces enseignants présents dans la salle, de croire en leurs projets, en leurs rêves. Merci à vous pour l’accueil que vous m’avez réservé.

merci

Alors je voudrais dire Merci ! Merci Aide aux Profs d’avoir existé. Merci Après Profs d’exister aujourd’hui. Et merci Rémi, d’avoir éclairé le chemin de tous ces enseignants perdus dans la nuit de leurs souffrances.

Longue vie à ton action !

Animal de compagnie : comment accompagner son enfant à faire son deuil ?

La perte d’un animal de compagnie est toujours une expérience douloureuse pour nos enfants et nous, parents, ne savons pas toujours comment les accompagner afin de traverser cette épreuve et exprimer leur tristesse. Comment leur faire accepter ce qui pour eux est tout simplement inacceptable ?

Inspirées par leur propre expérience et leur sensibilité de mamans, Séverine et Isabelle savent combien il est difficile pour les enfants de comprendre, d’accepter et d’exprimer leurs sentiments. Le deuil de l’animal, du confident, est d’autant plus difficile, qu’il constitue souvent la première confrontation à cette réalité qu’est la mort.

Lors du décès de l’animal, les parents se posent la plupart du temps la question :

Comment vais-je le lui dire ?

Elles ont toutes deux été confrontées à cette épreuve avec leurs propres enfants, en ayant pleinement conscience du besoin d’être guidées, soutenues, tant dans la compréhension que dans le dialogue avec l’enfant, à ce moment précis.

Fortes de ce constat, elles ont conçu un magnifique album intitulé :

« Mon coeur est triste »

animal

Il s’agit d’un support d’accompagnement et d’aide, destiné aux plus jeunes (6-12 ans) afin que l’enfant puisse exprimer et identifier ses émotions, en parler avec son entourage et arriver progressivement à mieux accepter la disparition de son animal.

Cet album de 32 pages, magnifiquement illustré par Isabelle, m’a énormément touché par sa beauté et sa sensibilité. Son contenu, à compléter par l’enfant lui-même, est empli de douceur et de délicatesse. Il invite l’enfant à s’autoriser à être triste, en colère, et à l’exprimer comme il l’entend…

photo animal   animal émotions

Il est proposé avec 5 couvertures cartonnées différentes au choix, conçues en papier recyclé  fabriqué en Provence, et accessible à l’achat sur ebay en cliquant sur le lien :

Mon coeur est triste

Je vous laisse découvrir cet univers de douceur, un appel bienveillant à l’intimité…

pourquoi animal

Histoire du soir : pour quoi faire ?

histoire



Lorsque j’étais petite, il ne se passait pas un soir sans que ma mère ne me lise une histoire avant d’aller dormir… C’était un petit rituel, un petit instant privilégié qui permettait à l’enfant que j’étais de faire la transition entre la journée écoulée et la nuit à venir. Elle me procurait une douce sensation de plénitude, d’amour inconditionnel et je la recevais comme un merveilleux cadeau qui m’accompagnait ensuite jusqu’au pays des rêves…

Lorsque j’ai eu ma fille, les rôles se sont inversés : il ne s’est pas passé un soir de son enfance, sans que je lui offre à mon tour le bonheur d’entendre encore et encore les jolies histoires dont la littérature jeunesse a le secret. Il n’était d’ailleurs pas question pour elle de faire l’impasse sur cet instant à la fois si intime et précieux

Que peut-il y avoir de plus magique qu’une histoire contée dans la douceur d’un crépuscule ?

Les mots sont si puissants qu’ils peuvent en un instant nous transporter ailleurs, dans un monde qui n’existe alors que pour nous… Ils nous laissent soudain entrevoir un univers aux contours infinis : celui de tous les possibles

C’est ainsi que l’une et l’autre avons acquis peu à peu l’apprentissage de la lecture, avant même d’avoir  franchi les portes de l’école élémentaire… C’est aussi de cette façon que notre langage s’est peu à peu structuré, à travers tous ces instants d’échange et de partage, ajoutés à tous les instants où nous dialoguions en famille…

Si je raconte tout cela aujourd’hui, c’est parce que je suis convaincue que tous ces moments, en m’offrant la possibilité de développer mon langage, m’ont permis également d’enrichir mon vocabulaire et de mieux « dire » le monde parce qu’on m’a offert d’en comprendre ses nuances.

Lorsque je constate aujourd’hui, dans le secret de mes consultations, combien d’enfants ou d’adolescents ont du mal à exprimer leurs sensations, leurs sentiments parce qu’ils ne possèdent pas les mots, je me dis que c’est par là que tout doit commencer.

On vit actuellement dans un monde où le langage s’est globalement appauvri, pressés que nous sommes par les aléas de la vie et une course effrénée à toujours plus d’ « efficacité ». On accumule sans cesse de plus en plus d’activités et on ne prend plus le temps de s’arrêter à l’essentiel : l’échange, le partage et l’amour…

Il en est de même à l’école… Au fil des programmes scolaires, on a vu s’empiler une multitude de contenus disciplinaires, sans s’interroger vraiment sur la capacité des enfants d’aujourd’hui, harcelés de toute part par une surcharge de sollicitations, à intégrer concrètement ce qui leur est transmis.

Il me semble qu’on a simplement oublié l’essentiel : nous sommes avant tout des êtres de langage et pour comprendre un monde aujourd’hui de plus en plus complexe, il vaut mieux avant tout maîtriser les nuances du vocabulaire.

  • Quand on n’a pas les mots, on n’a pas la capacité à structurer sa pensée.
  • Quand on n’a pas les mots la créativité est bridée.
  • Quand on n’a pas les mots, on a du mal à comprendre les autres.
  • Quand on n’a pas les mots, on méconnaît les sentiments qui nous animent.
  • Quand on n’a pas les mots, on maintient une porte ouverte sur la violence.

Jusqu’à il y a encore pas si longtemps, les mots étaient d’ailleurs réservés à une élite : c’est dire à quel point ils confèrent le pouvoir d’agir sur le monde…

Il me semble aujourd’hui que l’on revient sournoisement vers cela : une société où l’on tente de détourner du langage une partie de la jeunesse, en leur laissant entrevoir un bonheur de pacotille vendu à moindre frais à grand renfort d’écrans.

Il est donc de notre responsabilité d’éduquer nos enfants au langage. Pour cela, il faut avant tout leur parler et prendre le temps de leur offrir ces instants privilégiés où on les accompagne à comprendre le monde afin de mieux se comprendre… Et quel moment est-il plus privilégié que celui de l’histoire du soir ?

Et vous, racontez-vous une histoire le soir à vos enfants ?

Comment j’ai arrêté de mettre la pression à ma fille…

pression



A partir du moment où nos enfants intègrent l’école, il est étonnant de constater à quel point ils se mettent à ressentir la pression que nous leur mettons inconsciemment (ou non…), persuadés que nous sommes qu’il en va de leur avenir et de leur réussite… Pourtant, jusque-là, nous n’avons jamais douté un seul instant qu’ils allaient apprendre de façon naturelle. Et quand ils ont commencé à vouloir marcher, nous ne leur avons pas laissé entendre un seul instant qu’ils n’y arriveraient jamais

A partir du moment où ma fille a intégré l’école élémentaire, j’avoue bien volontiers m’être parfois laissée influencer par ce courant de pensée qui consiste à refuser le droit à l’erreur à son enfant ou du moins à ne pas toujours accepter son propre rythme d’apprentissage. Il semble régner aujourd’hui une telle pression sur l’école, que tout parent d’enfant intégrant le CP projette sur lui toutes les angoisses liées à la peur de l’échec…

Il m’aura fallu découvrir les conférences et ouvrages d’un célèbre professeur d’université, pour que se déclenche en moi un véritable processus de transformation. Il s’agit de Sir Ken Robinson, qui dans son livre L’Elément, nous amène à retrouver la part de créativité qui existe en chacun de nous et que notre éducation s’est bien chargée d’occulter. Ses théories, en interrogeant le sens à donner à notre système éducatif, ont influencé positivement ma vision des choses. Elles m’ont obligée à remettre d’abord en question mon propre parcours.

Au niveau personnel, j’ai commencé par essayer de me remémorer quelle petite fille j’avais pu être et quelles avaient été mes activités préférées. Au début, les souvenirs tardaient à revenir, mais peu à peu, je me suis souvenue du plaisir que j’éprouvais à pratiquer la danse, la peinture, le dessin, la lecture, l’écriture… bref, tout ce qui faisait qu’à l’instant de pratiquer, j’étais en mesure de tout oublier, absorbée que j’étais par mes passions.

Puis je me suis interrogée sur le cheminement qui m’avait conduit à occulter la plupart de ces activités-plaisirs. Et là, j’avoue que l’école en a pris pour son grade : je découvris avec horreur que toute ma scolarité avait consisté à nier ce que j’étais au plus profond de moi. Toutes les choses que j’aimais et pour lesquelles le temps semblait s’arrêter avaient été étouffées par les injonctions premières de la société :

  • faire des études,
  • avoir un « bon » métier,
  • si possible rentrer dans la Fonction Publique afin d’avoir un emploi « sûr »
  • avoir une « bonne » retraite afin de pouvoir enfin profiter de la vie.
Edifiant n’est-ce-pas ?

Ce n’est pas tant à l’école primaire qu’à partir du collège que les choses se sont vraiment gâtées et que la pression a vraiment démarré : je suis passée d’un enseignement basé sur l’affectif, l’écoute, la bienveillance (du moins c’est ce dont je me souviens…) à une structure éducative dans laquelle subitement, je ne me sentais plus protégée, aimée et considérée pour ce que j’étais mais uniquement pour les notes que j’obtenais. Ne parlons pas de la vie collective au sein des établissements : déjà à l’époque, il valait mieux faire preuve d’un fort caractère pour ne pas devenir une victime potentielle

Bref, je passais mon temps à essayer de répondre à ce qu’on me demandait et j’oubliai complètement ce pourquoi j’aurais eu envie de me lever tous les matins… Et toute ma scolarité s’est poursuivie ainsi sans m’avoir vraiment révélé qui j’étais. Malgré la pression, je m’en suis néanmoins assez bien sortie parce que j’avais quelques facilités. Mais combien de mes camarades se sont-ils sentis dévalorisés, incompétents et démotivés, simplement parce qu’ils ne réussissaient pas dans les matières dites « fondamentales » ?

En repensant à mon cheminement, je me suis aperçue que la première des peurs à laquelle nous sommes tous confrontés est celle « d’être différent ». Dans notre société il n’y a guère de place pour l’originalité, l’anti-conformisme, l’esprit créatif. Personne ne nous propose jamais de devenir nous-mêmes : ce que l’on nous demande c’est de nous « intégrer dans la société ». Et la pression démarre à partir du moment où nous ne nous sentons pas reconnus pour ce que nous sommes.

Mais de quelle société parlons-nous ? Avec du recul, tout notre parcours tend uniquement à faire fonctionner un système basé sur la valeur de l’argent. On nous demande de consommer toujours plus, afin de faire fonctionner des entreprises qui veulent vendre toujours plus pour entretenir un sytème qui au final ne profite vraiment qu’à quelques uns.

Regardons où en est l’état du travail aujourd’hui :

Sommes-nous reconnus pour notre valeur ?

Tout le monde réussit-il à trouver sa place parmi les humains ?

Ne faisons-nous pas tous fausse route dans la pression que nous nous mettons pour remporter une course effrénée vers l’accumulation ?

Posons-nous alors la question : que veut-on pour nos enfants ? L’enfance n’est-elle pas ce moment de grâce privilégié dans lequel il nous faut être enveloppé d’amour et de bienveillance ? Un enfant n’a-t-il pas besoin de se sentir rassuré, compris, entendu, aimé de façon inconditionnelle pour bien grandir ? N’est-ce pas l’âge de tous les possibles, celui où l’imagination n’a pas de frontière ? Bien sûr qu’un enfant a besoin qu’on lui pose des limites et des interdits. Mais toujours dans le respect de ce qu’il est : on doit l’accompagner pour se construire et non pas pour entretenir une société qui nie la valeur intrinsèque de sa personne.

A partir du moment où je me suis mise à réaliser tout ce que je viens de vous dire, j’ai commencé alors à changer radicalement les rapports avec ma propre fille.

Aujourd’hui j’ai arrêté de lui mettre la moindre pression sur l’école tout en l’accompagnant lorsqu’elle en a besoin. Je savoure les échanges que nous avons sur tous les sujets de la vie. Je l’encourage à croire en ses rêves afin qu’elle s’épanouisse avant tout en tant que personne. Peu importe ce qu’elle réalisera dans la vie, pourvu qu’elle aime profondément ce qu’elle fait.

C’est ainsi qu’elle sera capable d’être en joie et de faire rayonner le bonheur pour qu’il essaime dans le monde de demain.

Précocité : quand des troubles en cachent un autre…

troubles



Quand il est entré dans mon cabinet, accompagné par sa maman, la première chose qui m’a frappée, c’est la douceur et l’acuité de son regard… Cet adolescent de 13 ans, scolarisé en 5ème, reconnu dyslexique, dyspraxique et atteint de troubles d’hyperactivité, m’a semblé, dès notre première rencontre, dissimuler une personnalité autrement plus riche que celle à laquelle je m’attendais. La suite de ce premier entretien allait corroborer cette première impression…

Dans un premier temps, sa maman m’explique qu’elle vient me voir, sur les conseils d’un thérapeute, car son adolescent souffre de troubles d’apprentissages et n’aime ni l’école ni le collège. Elle est désespérée car elle ne sait plus comment faire avec ce garçon reconnu hyperactif dont elle ne cesse de recevoir les plaintes de ses professeurs.

Lorsque je l’interroge sur l’histoire de son enfant, voilà pourtant ce que j’apprends au fil de l’entretien :

  • Il a marché très tôt,
  • Son langage s’est très rapidement développé,
  • Il est parfaitement ambidextre,
  • Il a développé une hypersensibilité qui peut parfois engendrer de violentes colères,
  • Il se croit « nul »,
  • Il a développé une haine de l’école qui a pu lui faire dire parfois : « Je préfère mourir… »
  • Ses troubles d’hyperactivité ont commencé à l’âge de 5 ans, ce qui a engendré des problèmes de comportement et un besoin d’être constamment rassuré,
  • Il a du mal à se concentrer,
  • Les concepts d’espace et temps sont difficiles à intégrer pour lui,
  • Il fonctionne uniquement à l’affectif et « sent » tout de suite les personnes en face de lui,
  • Il aime ou il n’aime pas.

Ce qui me frappe dans un premier temps, c’est que les troubles liés à l’hyperactivité commencent à l’âge de 5 ans, de même que ses problèmes de comportement. Je demande alors à la maman ce qui se passe à cette période pour qu’il subisse un tel changement dans son attitude… Et là, je suis sidérée par ce que je vais entendre :

Sa maîtresse de grande section l’a pris en grippe car c’est un garçon qui a tendance à bouger un peu et a du mal avec l’acquisition de l’écriture : il n’est donc pas l’élève parfait dont elle doit rêver dans ses fantasmes les plus fous… Et elle ne trouve rien de mieux, pour le punir, que de l’enfermer dans un placard ou de lui dire « qu’il finira dans un mur… ».

Je me demande encore comment un enfant, quel que soit son âge, peut résister à une telle violence de la part d’un adulte qui fait autorité sur lui… On peut dès lors aisément comprendre comment se développe son aversion pour l’école… Une seule maîtresse toxique aura suffi…

Je poursuis néanmoins l’entretien, en demandant à la maman si son fils a passé un test de QI au cours de ses nombreux suivis, car très rapidement, au fil de la conversation avec ce garçon, il me semble que quelque chose ne colle pas avec le profil. J’apprends alors, qu’effectivement, un psychologue détecte en CE1 que cet enfant a un QI de 139, mais personne au cours de sa scolarité ne daigne tenir compte de cet élément fondamental….

Pour moi, tout prend alors du sens dans le parcours de cet adolescent :

Voilà un enfant qui n’a jamais été reconnu pour ce qu’il est réellement, et qui exprime, à mon sens, à travers son comportement, un immense besoin de reconnaissance…

Je lui explique alors que son cerveau fonctionne un peu comme une Ferrari (il est passionné de sports mécaniques, ce qui ne me surprend pas…) sauf qu’il n’a pas les freins… Et que notre travail ensemble va consister d’abord à lui expliquer comment il fonctionne, pourquoi (personne ne le lui a jamais expliqué clairement…) et ce qu’il peut apprendre avec la psychopédagogie positive :

  • Accueillir ses émotions,
  • Développer sa concentration,
  • Améliorer ses capacités praxiques,
  • Retrouver sa confiance en lui,
  • Comprendre son fonctionnement cognitif,
  • Développer des stratégies efficaces d’apprentissage,

et tout cela de façon ludique, afin de reprendre du plaisir à apprendre.

Comment exprimer alors l’immense joie de voir le sourire de ce jeune adolescent illuminer son regard, pour avoir reconnu sa précocité, son fonctionnement « différent » et lui montrer que des solutions existent pour l’accompagner, retrouver confiance en lui et sérénité dans ses apprentissages ?

Ecoute, bienveillance, empathie… alliance, confiance, reconnaissance… Merci la vie !