Il est « nul » en maths…comme moi !

maths

S’il est une discipline scolaire particulièrement problématique aux yeux de certains élèves (qui ne souffrent pourtant d’aucun trouble d’apprentissage), c’est bien les maths. Je ne compte plus le nombre d’enfants rencontrés développant une allergie caractérisée à tout ce qui touche de près ou de loin à la manipulation des nombres…

C’est d’autant plus curieux à constater, que la plupart du temps, tous ces enfants ont su très tôt manipuler des quantités au travers des jeux partagés à la maison ou en maternelle, sans que cela ne leur pose une once de problème.

Seulement voilà : en maternelle, on ne dit pas aux enfants qu’ils sont en train de faire des « maths » ! Ils apprennent la comptine numérique le plus naturellement du monde, ils dénombrent des collections d’objets, les comparent, les ajoutent entre eux…et tout ceci avec le plaisir non dissimulé de la découverte.

Alors, que se passe-t-il par la suite pour qu’ils en viennent à appréhender cette discipline ?

A mon avis, la rupture s’effectue à l’école élémentaire (et cela ne fait que s’accentuer au collège) lorsque le mot terrible est lâché : on ne joue plus à compter, on fait des « maths »… Et qu’on le veuille ou non, ce terme comporte à lui tout seul une connotation terrible pour des parents confrontés eux-mêmes, à l’âge de leurs enfants, à la souffrance encore vivace de s’être senti impuissants à comprendre numération, techniques de calcul, résolution de problèmes, pourcentages, fractions et autres « joyeusetés ».

En tant que parents, nous avons tous cette « fâcheuse » tendance à vouloir nous retrouver un peu dans les comportements de nos enfants, dans leurs façons d’être, de faire, (ça, c’est notre côté très narcissique…) et cela induit bien souvent (et a fortiori avec les maths) à lâcher un jour malgré nous une phrase à l’apparence anodine :

« De toute façon, il est nul en maths…comme moi. »

Cela vous dit quelque chose, n’est-ce pas ? Et si ce n’est pas de maths dont il s’agit, chacun peut remplacer ce terme par une discipline de son choix : orthographe, conjugaison, grammaire, histoire… (rayer les mentions inutiles…)

Ce dont nous n’avons pas toujours conscience, c’est que cette simple phrase assénée de façon péremptoire à nos enfants, peut très bien devenir terriblement limitante pour eux.

L’effet pygmalion, vous connaissez ?

C’est le fait d’obtenir des autres ce que l’on attend d’eux, c’est-à-dire l’influence que nous pouvons avoir en tant que mentor sur une personne, à partir de ce que l’on suppose de ses talents…

Concrètement, comment est-ce que cela se traduit sur nos enfants ? Et bien si en tant que parents on croit en leurs talents, ils ont une probabilité de réussite beaucoup plus importante que si on les persuade qu’ils n’en ont pas (parce qu’ils nous ressemblent et que nous, on le sait bien, on n’a pas de talent).

Et effectivement, comment un enfant peut-il croire qu’il peut devenir un as des maths, lorsque papa ou maman lui répète à l’envie qu’il est en échec parce que dans la famille, de toute façon, on n’a pas la bosse des maths ? (Au demeurant, je cherche encore ce que veut vraiment signifier cette expression, car même sur la tête des plus grands mathématiciens, je n’ai jamais vu de bosse… mais bon, là je m’éloigne du sujet…)

Alors cessons immédiatement de transposer systématiquement sur nos enfants nos propres croyances limitantes afin qu’ils aient la capacité de révéler leur pleine potentialité… D’ailleurs, j’invite chaque parent persuadé d’être « nul » en maths, à reconsidérer son point de vue en faisant l’effort d’accompagner son loulou dans ses apprentissages. Tout le monde est gagnant car on apprend à tout âge : ce sont les neurosciences qui le disent…

Alors, vous commencez quand ? 😉

Lettre à Madame U… ma prof de Français détestée…

Lettre à Madame U...

Madame U…,

Vous avez été ma professeure de Français lorsque j’étais en quatrième. Vous faites partie de ces enseignants qui n’auraient jamais dû pousser la porte d’une salle de classe, et pourtant, vous avez pendant des années fait détester votre discipline à des générations d’élèves…

Le souvenir que j’ai de vous est que vous ne souriiez jamais et que chaque fois que vous nous accueilliez dans votre salle, on sentait parfaitement que c’était à contre-coeur et que vous auriez préféré certainement faire autre chose de votre existence.

Je vous l’avoue aujourd’hui : nous aussi on aurait vraiment préféré que vous fassiez autre chose dans votre vie…

Chaque heure de classe passée avec vous a été un véritable calvaire. Non seulement nous ne comprenions absolument pas le sens de tout ce que nous faisions avec vous, mais en plus, je pense que vous trouviez un malin plaisir à pratiquer l’humiliation et l’autoritarisme face à des générations d’élèves qui n’avaient d’autre choix que de s’asseoir et d’attendre que ça passe…

Je vous écris aujourd’hui pour vous dire à quel point j’ai pu vous détester à l’époque, surtout le jour où faisant preuve d’une injustice sans commune mesure avec tout ce que j’avais connu jusqu’alors, vous êtes allée m’accuser d’un acte dont je n’étais aucunement responsable. Cela m’a valu de me sentir humiliée face à mes camarades (qui, heureusement, savaient pertinemment de quoi vous étiez capable…) et j’ai quitté votre cours brutalement en claquant la porte car je n’ai pas su alors répondre autrement que par la fuite…

Evidemment, cela m’a valu un avertissement et une convocation de mes parents, qui, heureusement, connaissaient vos talents pour l’avilissement, votre réputation ayant largement dépassé l’enceinte de notre établissement.

Il m’aura fallu rencontrer un enseignant particulièrement génial et bienveillant en classe de seconde pour me guérir de l’écoeurement éprouvé face à votre discipline : c’est lui qui me donnera le goût pour la littérature et qui me permettra de poursuivre des études supérieures de Lettres par la suite.

Aujourd’hui, alors que je suis moi-même devenue enseignante entre temps, j’avoue que j’ai encore du mal à comprendre ce que vous êtes venue faire dans l’enseignement secondaire : éprouver votre autorité ? Combler une image de soi défaillante ? Goût du pouvoir sur les autres ? Plaisir morbide de déverser votre fiel sur des adolescents sans défense ?

Je ne sais pas, je ne saurai jamais et j’avoue qu’aujourd’hui j’ai cessé de me poser la question. En revanche, grâce à vous, j’ai appris tout ce que je n’aurais jamais voulu être en tant qu’enseignante face à mes élèves et j’avoue que j’ai toujours veillé à être à l’écoute, et surtout, surtout à ne jamais me montrer injuste face à une situation.

Il me semble que j’y suis à peu près parvenue même si je n’ai pas la prétention d’avoir été parfaite. Alors je n’irai pas jusqu’à vous remercier, car vous ne le méritez décidément pas, mais sachez que chaque graine de bonheur que j’essaie de semer aujourd’hui encore, sert à détruire chaque goutte de poison que vous avez déversé dans le coeur de vos élèves. Un peu comme si on accrochait des gousses d’ail afin d’éloigner les vampires…

Que ma lettre devienne le pieu que je vous plante dans le coeur afin que votre toxicité cesse de s’étendre au-delà de votre personne.

Leçons : pourquoi le mind mapping va aider mon enfant à les apprendre ?

mind mapping



« Quand je rentre du travail le soir, je suis fatiguée par ma journée et s’il y a bien une activité qui me pèse en arrivant c’est faire apprendre ses leçons à mon enfant. En général, c’est une véritable corvée : il n’a pas envie de s’y mettre et il est rare que cet instant ne se termine pas en énervement ou en conflit, ce qui nous plombe la soirée jusqu’à l’heure du coucher. »

Combien de fois ai-je entendu ce genre de récrimination dans la bouche de mamans qui, tous les soirs, se demandaient avec angoisse de quelle façon elles allaient bien pouvoir aider leur enfant à apprendre ses leçons ?

En général, vous tentez de vous persuader avant d’arriver que votre enfant a réussi à se débrouiller sans vous (du moins vous savez bien qu’il n’en sera rien, mais vous tentez de vous convaincre du contraire histoire de vous détendre…) et au moment de préparer le dîner, il vous avoue qu’il n’ a pas appris ses leçons car il vous attendait pour l’aider…

De deux choses l’une : soit vous lui dites qu’il se dépêche d’aller l’apprendre tout seul sinon vous lui faites avaler son cahier, mais ce n’est pas très bienveillant… Soit vous vous coltinez à lui faire répéter encore et encore ses leçons jusqu’à ce qu’il vous la récite par coeur à la virgule près.

Bien évidemment, le lendemain son professeur ne trouve rien de mieux que de donner un contrôle pour vérifier que tout le monde a bien intégré sa leçon. Et votre enfant (qui vous avait consciencieusement récité la bonne parole la veille au soir entre un épluchage de carottes et le dressage de la table), n’a pas été capable de ressortir le tiers de ce qu’il avait appris

La suite, on la connaît : son professeur est persuadé qu’il n’apprend pas ses leçons, lui met une mauvaise note et vous passez pour la mère indigne qui ne suit pas son enfant… Du moins, c’est ce que vous ressentez…

Mais que s’est-il passé en réalité ?

  • La plupart du temps, lorsque votre enfant apprend sa leçon en votre compagnie, il l’apprend pour pouvoir vous la réciter à vous, sa maman, sans même s’être mis en projet de devoir la restituer pour les besoins de son travail scolaire.
  • Il fait fonctionner remarquablement sa mémoire immédiate mais ce qu’il apprend n’a pas de sens pour lui.
  • Il ne comprend pas vraiment ce que l’on attend de lui dans le cadre de la classe. Apprendre une leçon est donc pour lui peu amusant et peu motivant.

Pourquoi le mind mapping va l’aider à apprendre ses leçons ?

  • Le mind mapping est avant tout un outil « cerveau total » : il permet de faire fonctionner les deux hémisphères du cerveau, c’est-à-dire à la fois le côté rationnel et le côté créatif.
  • La présentation d’une leçon sous cette forme favorise une vision périphérique des notions, plus naturelle et plus significative qu’une vision linéaire.
  • En utilisant le procédé de questionnement « ouvert », il permet de s’approprier les informations importantes à retenir.
  • En associant mots-clés, pictogrammes, dessins, collages…il permet à votre enfant d’apprendre avec plaisir.
  • Son utilisation favorise la lecture active, la spatialisation, la simplification, la mémorisation, l’organisation et la synthèse.
  • Enfin, c’est un outil efficace pour réactiver la mémoire et mémoriser à long terme.

Accompagner votre enfant avec cet outil devient donc un moment de plaisir partagé, et vous permet de lui donner une autonomie dans son travail scolaire. Il va retrouver de la joie dans ses apprentissages, de la motivation et surtout confiance en ses capacités.

La sérénité de vos soirées a tout à y gagner…

La Psychopédagogie positive : le livre inspirant…

pédagogie positive

De l’Education Nationale à La Psychopédagogie positive…

Des 25 ans que j’ai passés dans l’Education Nationale, il m’est impossible d’oublier l’énergie positive qu’ont pu me procurer les enfants, les relations privilégiées que j’ai pu entretenir avec des parents et les nombreux fous rires partagés avec mes collègues. J’ai connu je crois, les dernières années d’une école qui se donnait avant tout comme mission première de rendre heureux, sans les contraintes imposées aujourd’hui aux enseignants par leur administration.

Au fur et à mesure de l’évolution du système éducatif, il m’a semblé que je m’éloignais de plus en plus de mes convictions profondes jusqu’au jour où la bureaucratie m’est devenue tellement pesante, que j’ai décidé de changer ma vie professionnelle.

Ma reconversion ne s’est donc pas réalisée sur un coup de tête : le désir m’est venu progressivement, comme une intuition fugace d’abord, puis il s’est immiscé au fil de mon expérience jusqu’à ce que je me décide vraiment à l’entendre.

Mais une question s’est très vite imposée à moi : Qu’est-ce que je pourrais faire ?

Il m’a fallu un gros travail sur moi-même pour tenter de me retrouver et de comprendre quelles étaient les valeurs que je voulais développer dans ma nouvelle vie professionnelle. C’est ainsi que j’ai compris que je souhaitais avant tout continuer à accompagner les apprentissages mais de manière totalement différente : bienveillance, empathie et créativité devraient y figurer en bonne place.

Et un livre a particulièrement été inspirant à cet égard :

Apprendre autrement avec la pédagogie positive

d’Audrey AKOUN et Isabelle PAILLEAU

Lorsque j’ai acheté cet ouvrage, je ne savais pas encore ce que j’allais y découvrir. J’étais mue par la curiosité de savoir ce que d’autres pouvaient proposer pour accompagner les apprentissages. Je n’avais pas idée à quel point il allait changer ma vie

Dès le prologue, une phrase m’a tout de suite interpellée :

« Nous accompagnons sérieusement, et avec légèreté et humour, les enfants et adolescents pour les aider à trouver du sens à leur travail scolaire, à trouver leurs propres méthodes d’apprentissage afin qu’ils mettent en oeuvre des stratégies cognitives et affectives adaptées. »

J’ai su d’emblée que c’était sur cette voie que je voulais orienter mon activité et la suite de la lecture a confirmé cette intuition. Dans cet ouvrage écrit à quatre mains par Isabelle PAILLEAU et Audrey AKOUN, j’ai découvert qu’apprendre ne se résumait pas à faire fonctionner son cerveau mais également à prendre en compte l’état physique et émotionnel de chacun : c’est ce qu’elles appellent l’approche tête – coeur – corps.

Conscientes des difficultés actuelles rencontrées par chacun dans sa vie professionnelle et par conséquent dans le parcours scolaire de nos enfants (pression, stress, attente de réussite élevée), elles font également le constat de la pression énorme exercée sur le système scolaire et par voie de conséquence sur les enseignants.

Mais elles nous offrent en même temps un autre regard et nous invitent à changer de paradigme en commençant par faire la chasse aux croyances limitantes :

« Il faut souffrir pour y arriver… » « Mon enfant est feignant. » « On est doué ou on n’est pas doué ! » et j’en passe…

Non, apprendre ne passe pas par la souffrance : apprendre est un plaisir… Et toute la pédagogie qu’elles ont mise au point est basée sur l’idée de retrouver le bonheur et la joie.

  • Apprendre avec sa tête, c’est la préparer à travailler : découvrir quelles sont nos préférences de fonctionnement dans l’apprentissage, connaître nos différents profils d’apprentissage, développer l’attention et la concentration et se mettre en projet.
  • Apprendre avec son coeur, c’est prendre en compte l’importance du rôle des émotions dans l’apprentissage : il s’agit alors de savoir laisser retomber l’émotion afin de reprendre paisiblement son travail en favorisant le recentrage, le développement de la confiance en soi et la motivation.
  • Apprendre avec son corps, c’est considérer qu’il est le « baromètre de notre état intellectuel et émotionnel » : il nous rappelle à l’ordre lorsque nous n’allons pas bien, et nos apprentissages ne sont plus efficaces si nous n’en prenons pas soin.

Elles ont ainsi développé une méthode basée sur des outils de pédagogie positive : Gestion mentale, brain-gym, mindmapping, méthode Vittoz, nutrition, PNL, hypnose… et nous invitent à accompagner nos enfants de manière bienveillante et empathique non sans une bonne dose d’humour…

Loin d’être un simple ouvrage théorique, ce livre multiplie les exemples concrets et nous donne des outils faciles à mettre en place avec son enfant afin de le rendre autonome et confiant dans ses apprentissages.

Inutile de vous dire qu’il fut pour moi une révélation et qu’aussitôt sa lecture achevée, je me suis empressée d’aller consulter le site de La Fabrique à Bonheurs afin de valider mon inscription pour la préparation du diplôme de Praticien en Psychopédagogie positive

Aujourd’hui, pratiquer mon activité est pour moi une joie immense : j’ai la sensation d’être réellement à ma place dans ce que j’accomplis et chaque jour qui passe me remplit un peu plus de bonheur…

Comment faire aimer la lecture à mon enfant ? 10 idées…

lecture

Beaucoup d’entre vous s’inquiètent de ce que leur enfant n’éprouve aucune attirance pour la lecture et ne semble s’intéresser qu’à des jeux video. Et malgré toutes les tentatives pour l’inciter à lire (inscription à une bibliothèque, abonnement à des éditions de livres jeunesse), rien ne change : la lecture n’attire pas votre loulou adoré…

Il est certain qu’actuellement, les enfants grandissent dans l’univers du tout-numérique, univers virtuel qui laisse peu de place à la découverte de l’écrit au profit de l’image. De plus, habitués à zapper dès leur plus jeune âge, ils ont tendance à se détourner, pour beaucoup, des activités qui leur demandent de prendre du temps et de faire travailler leur imagination.

Alors que faire ?

Sachez avant tout, que le meilleur des remèdes est l’exemple : si votre enfant vous voit lire et apprécier la lecture, il y a de fortes chances pour qu’il soit lui-même attiré par cette activité. Il ne s’agit pas forcément de lire des « pavés » de 600 pages : que vous aimiez la bande dessinée, les magazines, ou la lecture du journal, l’essentiel est que votre enfant vous voit prendre du plaisir dans cette activité.

Même s’il ne semble pas attiré par la lecture, il reste une chose que tout enfant aime par dessus tout, et ce, quelles que soient les générations : jouer avec vous… Je vous propose donc 10 activités autour de la lecture, faciles à mettre en place et qui pourront créer de véritables moments de partage avec votre enfant apprenti-lecteur.

Il est bien évident que ces activités seront renouvelées de façon régulière, afin de familiariser progressivement votre enfant avec la lecture et lui donner le goût de la découverte. Il s’agit avant tout de créer une multitude d’occasions de partager du plaisir autour de l’écrit :

  • Aménager un lieu idéal pour la lecture (fauteuil, sofa, coussins, petite étagère, couleurs…)
  • Instaurer un rituel pour la lecture notamment avant le coucher (l’histoire du soir),
  • Lire des histoires à haute voix pour lui tout seul (même s’il sait déjà lire, la lecture en tête à tête est un vrai bonheur pour lui…)
  • Lire les histoires à deux voix : quand il y a des dialogues, jouer à « être » les personnages,
  • Créer ensemble une mini pièce de théâtre à jouer devant les autres membres de la famille,
  • Faire un gâteau en lisant la recette à voix haute,
  • Choisir le programme télé ensemble en lisant le magazine télé,
  • Lire la règle d’un jeu avant de commencer une partie ensemble,
  • Aller à la « pêche » aux mots dans un magazine : lui faire découper les mots qu’il reconnaît et lui faire ranger dans une jolie « boîte à mots »,
  • Pratiquer des jeux d’écriture à partir de la « boîte à mots » : piocher quelques mots au hasard et lui demander d’inventer une phrase avec ces mots ou une petite histoire.

A vous maintenant de faire preuve d’imagination pour en inventer d’autres et n’hésitez pas à partager vos idées pour agrandir la liste !

Bonne lecture et à vos commentaires…

Hyperactivité : enfant « agité » ou enfant-symptôme ?

hyperactivité

Hyperactivité… Au cours de mes dernières années d’enseignement, je n’ai pu que constater la montée en flèche de diagnostics d’enfants déclarés hyperactifs et j’avoue que cela m’a réellement interpellée. Au début de ma carrière, je ne me souviens pas avoir été confrontée à cette problématique.

Pourtant j’ai enseigné dans des quartiers particulièrement difficiles et en changeant d’école à peu près tous les deux ans, j’ai quand même diversifié mon expérience professionnelle. J’ai enseigné dans tous les niveaux de classe et des enfants dits « agités » j’en ai rencontré tant et plus. Mais à aucun moment l’idée ne venait, il y a 20 ans, de poser un diagnostic médical sur ce type de comportement.

Curieuse de nature, je suis allée consulter le site TDAH-France pour essayer d’en apprendre un peu plus sur ce qui semble être aujourd’hui une pathologie… Dans la rubrique « Description du Trouble Déficit de l’Attention / Hyperactivité », voici ce que je lis :

« Les enfants présentant un TDAH sont des enfants qui ont besoin de toucher à tout, qui font du bruit, qui jouent toujours avec quelque chose dans les mains, qui sont incapables d’attendre leur tour, qui oublient et perdent leurs affaires… »

Mazette ! Je crois que si ça avait existé à mon époque, j’aurais été d’entrée diagnostiquée en hyperactivité moi aussi…. Pour avoir fait des colères mémorables, m’être échappée de l’école à 3 ans le premier jour de classe, m’être battue en classe de sixième avec une élève qui « m’énervait », avoir claqué la porte de mon cours de Français en quatrième face à l’injustice d’une enseignante et j’en passe…j’aurais pu facilement être diagnostiquée. Je continue :

« Ils sont tantôt de bonne humeur, tantôt de mauvaise humeur sans que l’on sache pourquoi. Ils réagissent très vivement aux évènements qui les entourent avec bien souvent des réactions inappropriées et démesurées par rapport à la situation. »

Ok, ils ont peut-être une hyperémotivité qui entraîne ce type de réactions a priori démesurées par rapport au commun des mortels… Mais pour me prendre à nouveau en exemple, je me rappelle très bien à quel point j’ai pu ressentir, lorsque j’étais enfant, une sourde colère intérieure, qui s’exprimait de temps en temps de manière particulièrement virulente

« Ces enfants sont vécus par l’entourage, familial, social, scolaire comme très difficiles à gérer et sont de ce fait souvent rejetés, punis, mis de côté. Et pourtant, ces enfants sont en quête d’une affection permanente et sont souvent angoissés. A côté des aspects difficiles à gérer au quotidien, l’imagination débordante de ces enfants, leur grande créativité, leur hyperactivité avec plein de projets et leur grand intérêt pour tout ce qui les entoure favorise des échanges d’une grande richesse mais il faut que le contexte s’y prête (calme, ambiance sereine…). »

Là, on commence à toucher le noeud du problème : « Ces enfants sont vécus par l’entourage…comme très difficiles à gérer »… « leur grand intérêt pour tout ce qui les entoure favorise des échanges d’une grande richesse mais il faut que le contexte s’y prête… »

J’aimerais qu’on s’arrête un instant sur ces deux caractéristiques :

  • Premier problème : l’entourage trouve ces enfants difficiles à gérer… C’est la première des problématiques : aujourd’hui, j’ai la sensation que l’école fait preuve de plus en plus d’exigences vis-à-vis des enfants, sous la pression d’un environnement social qui réclame toujours plus de règles, d’interdits, de morale et de sécurité. L’enfant « agité » dérange parce qu’il n’obéit pas à une norme et refuse de se conformer
  • Deuxième problème : En réalité, ces enfants sont reconnus comme dotés d’une grande richesse intérieure mais…lorsque le contexte dans lequel ils évoluent est apaisant… Peut-on prétendre aujourd’hui que le contexte dans lequel nous évoluons au quotidien est particulièrement apaisant ? Ces symptômes ne sont-ils pas exacerbés actuellement en raison de nos modes de vie ? Ne ferait-on pas mieux d’entendre ce que ces enfants ont à nous dire sur le malaise profond qui règne dans nos sociétés dites « civilisées » ?

Si l’on en croit certaines recherches menées actuellement, il se pourrait que des liens existent d’autre part entre notre alimentation et le développement de l’hyperactivité. On sait très bien aujourd’hui que la consommation de sucre joue un rôle important dans l’aggravation des symptômes. Mais que sait-on au juste du rôle joué par les pesticides, les additifs alimentaires et toute sorte de produits chimiques que nous ingurgitons au quotidien ?

Heureusement, des voix s’élèvent un peu partout pour interroger le monde sur nos modes de vie… Pourvu que nous sachions les entendre et écouter ce qu’elles ont à nous dire…

Michel, 44 ans, professeur en burn out…

professeur

Michel est professeur de Mathématiques en collège depuis 20 ans. Il aime son métier mais son parcours au sein de l’Education Nationale n’a pas été de tout repos. Ses premières années d’enseignement ont été chaotiques : il a été balloté d’établissements en établissements sans savoir d’une année sur l’autre où il allait être nommé.

Lorsqu’il a enfin pu obtenir un poste fixe dans son académie, il s’est retrouvé dans un établissement extrêmement difficile dans lequel le turnover enseignant était très important. L’instabilité de l’équipe éducative n’a fait qu’accentuer les difficultés, d’autant plus que sa hiérarchie n’a pas été à l’écoute de la souffrance du personnel.

S’en sont suivies plusieurs années d’activité mêlant à la fois stress, perte de confiance, démotivation et absence de soutien psychologique. Sa vie personnelle n’en est pas ressortie indemne : il a divorcé et ne voit aujourd’hui ses enfants qu’un week-end sur deux et la moitié des vacances.

Après un arrêt longue maladie pour épuisement professionnel, et un suivi psychologique, Michel a eu envie de changer sa situation mais ne savait absolument pas par où commencer. Il se pensait incapable d’exercer une autre activité car après avoir tenté d’obtenir des informations auprès de son administration sur ses possibilités de mobilité professionnelle, il était persuadé qu’il ne pouvait pas envisager d’autres carrières que dans l’Education Nationale.

Pour couronner le tout, son entourage n’a eu de cesse de lui déconseiller de quitter la Fonction Publique arguant qu’en ces temps de crise économique, ce n’était pas à son âge qu’il allait trouver du travail.

Comment la Psychopédagogie positive a t-elle accompagné Michel ?

Après une première séance destinée à établir l’anamnèse, c’est-à-dire l’état des lieux de sa situation personnelle et professionnelle, l’accompagnement s’est effectué à plusieurs niveaux :

  • Apprendre à gérer son stress,
  • Réactiver la confiance en soi,
  • Prendre conscience de ses compétences,
  • Retrouver du plaisir dans ses activités,
  • Déterminer ses objectifs et ses besoins,
  • Organiser efficacement son projet professionnel

La suite ne s’est pas faite attendre : Michel a décidé de prendre une disponibilité afin d’exercer son métier en tant que professeur indépendant. Il donne actuellement des cours à domicile dans le cadre du soutien scolaire, en mathématiques et en sciences physiques. Et même si ses revenus ne sont pas toujours réguliers, il n’a aucun regret : il a retrouvé le sourire et du temps disponible pour s’occuper à nouveau de lui.

Ses enfants sont les premiers à être heureux de cette transformation : Michel est beaucoup plus disponible pour eux lorsqu’il en a la garde et ils ont retrouvé par dessus tout un papa souriant, épanoui et complice…

Comment j’ai fabriqué mon bonheur ?

bonheur

Le bonheur… Nous avons tous ce mot à la bouche en ce moment, tel une injonction qui confine celui qui ne se sent pas heureux, dans son mal-être, lui ajoutant la culpabilité de ne pas avoir trouvé la force ou le courage de se battre pour y parvenir.

Mais qu’est-ce que le bonheur ? Si l’on reprend la définition donnée sur Wikipédia :

« Le bonheur est un état durable de plénitude et de satisfaction, état agréable et équilibré de l’esprit et du corps, d’où la souffrance, le stress, l’inquiétude et le trouble sont absents. »

Fichtre ! Si l’on reprend mot pour mot ce qui est dit dans cette phrase, je doute que beaucoup de personnes y reconnaissent leur quotidien.

A moins d’avoir séjourné des années dans un ashram, au sommet d’une montagne, dans une grande austérité, d’avoir reçu l’enseignement d’un maître et d’avoir franchi les différents stades de vie de la tradition brahmane, il y a peu de chances pour que le commun des mortels puisse un jour connaître les joies de la lévitation yogique

Alors qu’est-ce qu’être heureux ? Pour ma part, j’aime particulièrement ce qu’en dit Aristote :

« Etre heureux ne signifie pas que tout est parfait. Cela signifie que vous avez décidé de regarder au-delà des imperfections ».

J’apprécie particulièrement cette citation car elle envoie deux messages :

  • La perfection n’est pas un but en soi : les failles, les fêlures, les blessures, les troubles existent et sont parfaitement légitimes. Cela nous déculpabilise. Chacun a le droit selon son vécu du moment, d’éprouver des sentiments négatifs : déception, peur, tristesse, désespoir… C’est ce qui fait de nous des humains…
  • En revanche, il est de notre responsabilité de décider de changer de point de vue sur nos vécus malheureux, et de choisir de faire émerger du positif en toutes circonstances. Cette attitude nous permet de surmonter n’importe quelle situation, aussi dramatique soit-elle. C’est la définition même du concept de résilience en psychologie.

C’est aussi mon vécu personnel et ce qui m’a permis de surmonter bien des épreuves. Il m’a fallu du temps bien sûr, mais je ne me suis jamais autant sentie maîtresse de ma vie, que le jour où j’ai pris la décision de chercher le sens des choses pour mieux les transcender. Et lorsque mon regard, se pose aujourd’hui sur le chemin parcouru, tout prend sa place.

Je suis passée par des moments difficiles (merci à mon frère, à ma famille, à mes amis de m’avoir aidée à les traverser), il m’a fallu quitter le métier qu’il me semblait avoir choisi (merci à Rémi Boyer et à l’association Aide aux profs de m’avoir fourni cet élan), mais aujourd’hui, avec le recul, je me dis :

« Quoi qu’il te soit arrivée, quelle chance d’avoir pu vivre ce que tu vis aujourd’hui et d’avoir pu faire de si belles rencontres ! »

Professionnellement parlant, la vie m’a particulièrement gâtée en mettant sur ma route une bien jolie boutique : La Fabrique à Bonheurs, tenue par deux magiciennes du renforcement positif, Audrey Akoun et Isabelle Pailleau… Aujourd’hui, je suis plus heureuse que jamais dans tout ce que j’accomplis au quotidien : tout fait sens, tout est à sa place.

Cet article leur est destiné : merci de m’avoir accompagnée à fabriquer mon bonheur…