Orientation : quand je serai grande, je ne serai pas Blanche-Neige !

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J’ai toujours détesté les étiquettes. Depuis que je suis petite, j’ai une fâcheuse tendance à vouloir faire tout le contraire de ce qu’on attend de moi, et à fuir tout ce qui ressemble de près ou de loin au conformisme ambiant. Je ne sais pas d’où ça me vient : je suis née comme ça… Et pour mes choix d’orientation, je n’ai pas dérogé à la règle…

En fait, ce qui me rebute par-dessus tout, c’est la notion même d’enfermement, que ce soit du point de vue physique ou moral. Et, il faut bien l’avouer, notre société a le don de vouloir coller des étiquettes sur le front des gens, dès leur plus jeune âge, surtout en matière d’orientation

« Qu’est-ce que tu veux faire quand tu seras grand(e) ? »

J’avoue que j’ai encore du mal à pouvoir répondre à cette question. Quand j’étais petite, je me souviens que je ne ressemblais pas vraiment à toutes les petites filles qui veulent des robes de fée ou de princesse pour leur cadeau de Noël : moi, je voulais des panoplies de Zorro ou de cow-boy, je trouvais ça quand même beaucoup plus amusant…

D’ailleurs, je n’ai jamais aimé Blanche-Neige : elle ne me faisait pas rêver cette pseudo princesse qui se laissait maltraiter par une belle-mère acariâtre et qui n’était pas capable de faire autre chose de sa vie que le ménage pour des nains…

Passé l’instant où j’ai voulu être maîtresse d’école ou grand reporter, en fait, je crois bien que je n’ai jamais su répondre à une telle question et depuis peu de temps, je réalise que cela a guidé une bonne partie de ma vie…

Notre société est ainsi faite, qu’on dirait qu’il vous faut absolument savoir ce que vous voulez faire comme métier dès le plus jeune âge, alors que vous ne savez même pas en quoi n’importe quel métier consiste, et que vous ne vous projetez pas du tout dans la même activité pendant toute une carrière.

Moi, je n’étais passionnée par rien parce que je m’intéressais à plein de choses et que je ne comprenais pas pourquoi on me demandait de choisir : A ou S ? Tu aimes les maths ou le Français ? Tu préfères les matières scientifiques ou les disciplines artistiques ? Tu préfères apprendre l’espagnol ou l’italien ? Tu parles d’une orientation !

Je me suis donc orientée à l’époque vers la filière A1, qui me permettait de faire à la fois de la littérature et des mathématiques, et je n’ai choisi ni Espagnol, ni Italien… j’ai pris Russe !

Passé le bac, j’ai choisi de suivre un BTS Assistante de Direction, car à 18 ans, je voulais travailler et gagner ma vie. Il n’était donc pas question pour moi de faire des études longues ! J’ai appris plein de choses à travers ce parcours… Et surtout que je ne voulais pas aller travailler tout de suite, car j’ai très vite compris que mon dos ne supporterait pas longtemps le poids d’un supérieur hiérarchique…

Je me suis donc inscrite en Lettres Modernes à l’université et j’avoue que je me suis passionnée pour la littérature française sans même me demander ce que j’allais en faire par la suite… D’ailleurs, je pense que si ça avait été possible, j’aurais été étudiante à vie

Mais arrivée au bout de ma maîtrise, il m’a bien fallu faire un choix : recherche ou diplôme professionnel ? Je ne voulais surtout pas être prof : mon père l’avait été toute sa vie et il était hors de question que je suive ses traces… Je suis donc partie au CNAM à Paris pour suivre un Diplôme d’Ingénieur Documentaliste avec l’idée de découvrir encore une autre voie possible.

Je me suis régalée. Mais là encore, il m’a fallu me battre le jour où, en recherche de stage, j’ai voulu postuler pour une entreprise à dominante scientifique, alors que moi j’avais un parcours littéraire ! Je me sentais néanmoins capable de faire bien d’autres choses que ce à quoi les autres me limitaient… Et je le leur ai prouvé !

Non seulement j’ai brillamment obtenu mon diplôme après un stage des plus réussis, mais j’ai trouvé mon premier emploi au sein d’un service d’orientation et d’insertion professionnelle : j’ai alors découvert le plaisir d’accompagner des étudiants dans leur parcours d’études…

Quelques années plus tard, je me suis pourtant décidée à passer le concours de Professeur des Ecoles, car la vie de bureau ne semblait pas vraiment faite pour moi : j’avais envie d’échapper à la routine quotidienne et d’exercer une activité qui me permettrait d’exprimer ma créativité.

En tout, je serai restée 25 ans au sein de l’Education Nationale en changeant d’établissement à peu près tous les 2 ou 3 ans, histoire là encore de ne pas s’enfermer dans un même niveau de classe ou une routine démotivante

Et voilà qu’aujourd’hui, je me lance à nouveau sur un autre projet après avoir démissionné et créé ma propre structure : j’avoue que j’en ai dérouté plus d’un ! Et plus d’un a voulu me dissuader de changer mon parcours professionnel :

« Tu es folle ? Tu vas pas lâcher la fonction publique ! »
« Avec la sécurité de l’emploi que tu as, tu ne vas pas prendre le risque d’être au chômage ! »
« Et si ça marche pas ? Qu’est-ce que tu vas faire ? »
Alors moi je vais vous le dire ce que je ferai…
Je vais faire comme j’ai toujours fait :
Faire ce dont j’ai envie au moment où j’en ai envie, montrer aux autres que je suis capable de plein de choses et que c’est la société elle-même qui nous limite… Voilà mon orientation !

Tout est possible pour quelqu’un qui n’a pas forcément trouvé une seule voie de prédilection ! Et si demain, il me faut encore prendre un autre chemin, pas de problème : je m’adapte !

Telle est ma force, tel est mon super pouvoir !

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