Reconversion (4) : vers mon enfant intérieur…

enfant

La première étape fut de me recentrer sur mon être, mon enfant intérieur : qui étais-je, d’où venaient mes fonctionnements, mes peurs, mes angoisses qui bloquaient continuellement mon épanouissement personnel ? Jusqu’alors, il ne m’avait pas été donné de me poser la question, persuadée que j’étais de suivre la voie que tout un chacun empruntait.

Ne nous serine-t-on pas depuis l’école, qu’il faut travailler pour avoir un « bon » métier, se marier, avoir un ou des enfant(s), s’acheter une maison, consommer le plus possible, le fameux « toujours plus » qui sonne comme une injonction dans nos sociétés occidentales ? Le pire, c’est qu’en tant qu’enseignante, je me trouvais complètement au coeur de ce paradoxe : je perpétuais à travers l’exercice de mon métier le même type de croyance limitante…

Il me fallait donc tout recommencer à zéro et envisager une reconversion, et dans ma vie personnelle, et dans mon parcours professionnel. Le chantier qui s’annonçait était immense mais passionnant. Il fallait d’abord commencer par moi-même et partir en quête de mon enfant intérieur.

psychogénéalogie

Intriguée depuis le départ par le travail entamé avec la somatopathie au début de mon parcours, je décidai de me plonger dans la psychogénéalogie car je sentais depuis longtemps que je portais depuis l’enfance des conflits intérieurs non réglés qui bloquaient mon épanouissement personnel. Je ne vais pas m’attarder sur l’ensemble de mes découvertes : tout ce que je pus apprendre concernant mes antécédents familiaux, les secrets de famille, le(s) enfant(s) sacrifiés et les deuils non faits dans les générations antérieures furent une véritable révélation pour moi et acheva de donner tout son sens à la pathologie que j’avais développée. Je pus me débarrasser de ces « fantômes » qui bloquaient jusqu’alors mes fonctionnements et me libérer de poids considérables liés essentiellement à des « angoisses de mort ».

Ma vie devint peu à peu plus légère et je me surpris à profiter de plus en plus des instants présents. Je réalisai que finalement nous vivons en permanence au passé ou au futur mais jamais au présent. Le passé nous fait éprouver constamment regrets et amertume, le futur nous plonge dans l’anxiété du lendemain et nous passons notre vie à ne quasiment jamais profiter de l’instant présent…

Notre société occidentale est ainsi faite qu’elle a perdu tout contact avec le fondement même de l’humanité qui est de vivre en harmonie avec soi-même. Au final, nous vivons de façon quasi automatique sans jamais prendre le temps de nous interroger sur le sens de nos actes quotidiens. Il m’a fallu la maladie pour comprendre enfin que nous faisions quasiment tous fausse route : ce n’est ni la surconsommation de biens matériels, ni la course permanente à l’argent ou à un métier lucratif qui peuvent nous apporter le bien-être. C’est tout simplement la réalisation de soi et l’accomplissement d’actions en accord avec ce que nous sommes.

Lorsque nous sommes enfants, nous allons spontanément vers nos besoins, nos plaisirs, notre soif de réalisation. Il est incroyable de penser que les tout-petits ont une capacité créatrice infinie et qu’au fur et à mesure qu’ils grandissent, cette capacité se réduit à peau de chagrin. En cause, l’éducation que nous leur donnons empreinte de croyances extrêmement limitantes : « la société est une jungle et pour y faire sa place, il faut être le meilleur. » D’où une course permanente à la « réussite » : scolaire, professionnelle, pécuniaire, familiale et j’en passe… Personne a aucun moment n’intervient pour se poser la question du « sens » à donner à sa vie.

En ce qui me concerne, mon cheminement m’ a amené peu à peu à essayer de retrouver mon « enfant » intérieur : quelle petite fille avais-je été ? Quels étaient mes rêves, mes passions, mes envies ? Au fur et à mesure, des éléments me sont revenus que j’avais oubliés : ma passion pour la lecture, l’écriture, mon rêve de devenir danseuse, mon plaisir dans la pratique du dessin… toutes ces petites choses que j’avais occultées parce qu‘« on ne peut pas en vivre »…

Alors, bien sûr, j’ai entendu certains me dire :
« Tu es bien gentille, mais tu as une situation professionnelle assez confortable par rapport à d’autres, tu peux te permettre de raisonner sur le sens de la vie… Mais d’autres galèrent tous les jours pour trouver de quoi se nourrir et se loger et ils n’ont pas le temps de réfléchir à tout ça… C’est du luxe !!! »

Ce raisonnement est tout à fait légitime : toute la société est construite pour que je raisonne ainsi. Tout le monde est persuadé que le bonheur réside dans une « belle » maison, une « belle » voiture, un « bon » portefeuille, et tout ce qui va avec. Mais je me pose une simple question : Si tout ceci suffisait au bonheur, tous les gens au portefeuille suffisamment rempli seraient alors heureux… Soyons vraiment sincères : est-ce le cas ? Nous savons bien que non. Le bonheur ne réside donc pas là. Par contre, notre malheur y réside parce que depuis toujours nous pensons être un « raté » de la vie si nous ne possédons pas autant de richesse (Tiens ? cette phrase me rappelle-t-elle quelqu’un ?) Et nous passons notre existence à vouloir ressembler à des chimères…

S’il y a une chose dont je suis parfaitement consciente aujourd’hui, c’est que quoi que je fasse, quoi que je réalise, tout peut s’arrêter du jour au lendemain, d’un claquement de doigts, comme ça, clac, rideau ! Même aujourd’hui, à l’heure où je parle, je suis incapable de dire si une longue vie m’attend ou non… Et pour tout avouer : je me contrefiche de le savoir… J’ai découvert un rapport à la mort que je ne soupçonnais pas et je savoure chaque moment de mon existence auprès de ceux que j’aime en partageant ce que j’ai retrouvé de plus précieux au fond de mon être :

Un amour inconditionnel pour la vie !

(A suivre…)

2 commentaires

  1. Mince, tu as réussi à me nouer la gorge! J’aime te lire. C’est beau. Je te (re)trouve pleinement dans ces mots. Plus que jamais… « Merci la Vie d’avoir croisé nos chemins et mis nos ❤ en connexion ». Amo-te.

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